Arrêt sur images: Le Selfie sunnite regroupant MBS, M6 et Hariri - DIA
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DIA-Hariri

Arrêt sur images: Le Selfie sunnite regroupant MBS, M6 et Hariri

DIA-10 avril 2018: Saad Hariri, premier ministre libanais, a partagé un selfie pris à Paris en compagnie du roi Mohammed VI et le prince héritier d’Arabie saoudite , Mohammed Ben Salman (MBS) hier soir sur son compte Twitter avec pour seule mention « sans commentaire ». La photographie fait le buzz sur les réseaux sociaux. Elle montre le roi Mohammed VI (au centre), Mohammed Ben Salman (MBS), prince héritier d’Arabie Saoudite, actuellement en visite officielle en France, en arrière plan, et l’auteur du selfie, Saad Hariri, Premier ministre du Liban, au premier plan, tous souriants, lors d’un dîner à trois dans un restaurant parisien. Et pour cause, la réunion était pour ainsi dire jugée improbable à la lecture de l’actualité récente. 

Cette photo confirme ainsi une solidarité entre les trois pays d’obédience sunnite. Les médias marocains ont salué cette photo qui montre le souverain marocain entre deux dirigeants symboliquement importants. Cette photo montre également une nouvelle génération de dirigeants arabes, décontractés, souriants et presque en tenue de sortie , avec une vision futuriste dans un monde musulman conservateur et rigoriste.  

Cette photo remet en scène le Premier ministre libanais qui était tombé en disgrâce aux yeux des libanais et considéré comme la marionnette des saoudiens. Le premier ministre libanais a posté cette photo surtout pour « emmerder » le Hizbollah qui dirige totalement le Liban et qui est soutenu, financé et armé par l’Iran.  

Cette photo montre également la proximité du premier ministre libanais avec le puissant Mohammed ben Salman qui l’avait fait arrêter, le 4 novembre ( jour de la démission forcée de Hariri ) et dont il a gelé les comptes bancaires alors que celui-ci  s’était retrouvé piégé en Arabie saoudite dans le cadre de la fameuse  campagne anticorruption version MBS. 

Hariri était devenu premier ministre avec le soutien, politique et aussi financier, de Riyad afin qu’il fasse contrepoids au Hezbollah. À la place, Riyad l’accusait, d’avoir fait des affaires, certaines douteuses, avec des partisans de Michel Aoun, les alliés chrétiens du parti du leader Chiite Hassan Nasrallah, notamment dans ce que l’opposition parlementaire chrétienne appelle « le scandale de l’électricité », qui, à ses yeux, aurait dû « faire tomber le gouvernement ».

Quant aux relations entre Mohammed VI et MBS, elle est d’abord familiale, spirituelle et religieuse. L’un est présenté comme commandeur des croyants et l’autre comme protecteur des lieux saints de l’Islam. Les deux dirigeants sont liés par leur influence sur le monde musulman. Le roi marocain et le prince héritier saoudien sont présentés comme les futures dirigeants de l’Islam Moderne.   

Sur le plan politique, cette proximité entre M6 et MBS est avant tout un message pour les qataris.  Il met fin à ce soi-disant froid entre Rabat et Ryad. Un coup de froid dans les relations maroco-saoudiennes avait été déclenché depuis les sorties de Turki bin Abdul Mohsen Al-Sheikh, patron du sport en Arabie saoudite et proche conseiller du prince Mohammed Ben Salman. Ses deux tweets, où il insinuait que son pays ne votera pas pour le dossier de candidature du Maroc au Mondial 2026 avaient fait couler beaucoup d’encre…au Maroc. 

Salim Bey