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Un cinéaste libanais arrêté à Beyrouth pour avoir tourné le film « l’Attentat » en Israël

DIA-12 septembre 2017: Le réalisateur franco-libanais Ziad Doueiri 54 ans, récemment récompensé à la Mostra de Venise, a été brièvement interpellé dimanche soir à son arrivée à l’aéroport de Beyrouth. Ses deux passeports français et libanais avaient été confisqués et il avait été sommé de comparaître lundi devant un tribunal militaire.

L’affaire concerne son avant-dernier film, «L’Attentat» adapté du roman de Yasmina Khadra, déjà interdit au Liban à sa sortie en 2013 car il avait été tourné partiellement en Israël avec quelques acteurs israéliens. Le Liban, qui est officiellement toujours en guerre avec Israël, interdit à ses ressortissants de se rendre dans ce pays voisin, avec qui il a longtemps été en conflit.

Après sa comparution de plusieurs heures, M. Doueiri a brandi devant la presse ses deux passeports récupérés.

«Mon client a été remis en liberté, aucune accusation ne lui a été adressée», a assuré aux journalistes son avocat Me Najib Lyan, affirmant que le dossier était «définitivement clos».

M. Doueiri est au Liban pour assister mardi à la première dans le pays de son nouveau film, «L’insulte», tout juste récompensé à Venise: le jury a décerné samedi la coupe Volpi du meilleur acteur au Palestinien Kamel El Basha. «L’insulte» a en outre été sélectionné par le Liban pour représenter le pays aux Oscars.

Adapté du best-seller de Yasmina Khadra, «L’Attentat» est l’histoire d’un chirurgien israélien d’origine arabe dont la femme est l’auteure d’un attentat suicide. Le médecin à la carrière exemplaire part enquêter dans les territoires palestiniens pour tenter de comprendre qui a pu «laver le cerveau» de son épouse. L’écrivain algérien Yasmina Khadra qui n’a pas participé à la production du film n’a pas cautionné le tournage en Israël.  Les droits du livre avaient été vendus par son éditeur français et aucune clause ne spécifiait ce cas précis. 

«Pour les faits qu’ils lui sont reprochés, le délai de prescription de trois ans est passé, puisque le tournage a eu lieu en 2012», a encore commenté Me Lyan. D’après lui, à l’époque du tournage, M. Doueiri avait par ailleurs «adressé une requête aux autorités libanaises expliquant qu’il voulait filmer sur le terrain, pour défendre la cause palestinienne (…) sans jamais recevoir de réponse».

Yasmina Khadra qui était en désaccord sur le traitement de son histoire par le réalisateur libanais n’a jamais participé à la promotion ni à la projection du film en Europe. 

Salim Bey 

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