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Les difficultés des ambassades membres de l’OIF pour fêter la Francophonie en Algérie

DIA-20 mars 2017: Chaque année le 20 mars, les ambassades dont le pays est membre de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) fêtent discrètement la journée internationale la Francophonie en Algérie. Ces ambassades ont toutes des difficultés à organiser une manifestation culturelle relative à cet événement, et pour cause, l’Algérie n’est pas membre de l’OIF et les autorités locales refusent d’accorder des autorisations ou des visas aux personnes qui participent à ces manifestations.

L’année dernière, l’Ambassade du Canada a vu sa demande d’inviter une critique de cinéma pour faire une conférence sur le film « Mommy », le film québécois multi-primé, refusée. L’ambassadrice du Canada à Alger Mme Isabelle Roy, avait exprimé sa tristesse suite au refus diplomatique du MAE pour fêter la francophonie, car ce n’était pas la première fois que la mission canadienne rencontre des difficultés pour organiser un événement culturel pour la célébrer. 

Il y a presque 11 ans, en 2006, l’ambassade du Canada avait rencontré un autre problème bureaucratique pour organiser les premières Journées du Film Francophone à Alger. La salle Ibn Zeydoun qui dépendait du ministère de la Culture, a informé les organisateurs canadiens qu’il fallait une autorisation du Ministère des affaires étrangères pour utiliser la salle.  Dans un esprit d’ouverture, le MAE de l’époque Mohamed Bejaoui avait accordé une autorisation spéciale pour la tenue de cet événement avec comme seule condition supprimer le mot francophonie de la communication de l’événement. Il faut dire aussi que cette autorisation, est le résultat de la relation exceptionnelle qu’entretenait l’ambassadeur du Canada de l’époque Robert Peck avec les autorités algériennes.  

Pour éviter ce genre de tracasserie bureaucratique et des blocages de visa, l’Ambassade du Canada invite souvent des intervenants algériens, qui ont la double nationalité, comme c’est le cas de la chanteuse Linda Thalie, du cinéaste Hazouz Bezzaz, du magicien Fouad ou encore du pianiste Mehdi Ghazi, qui a été découvert par l’Ambassade du Canada lors d’une« master-class » du pianiste canadien Alain Lefèvre au CCF d’Oran en 2005. 

Et pour éviter les mauvaises surprises des autorisations des salles algériennes, l’Ambassade du Canada et les autres missions membres de l’OIF ont recours depuis quelques années aux instituts français  (Ex CCF) comme espace de présentation des films et des conférences, car c’est des espaces dépendant de l’Ambassade de France en Algérie.    

Cette année, l’Ambassade du Canada a invité un cinéaste algérien Bachir Bensaddek, pour présenter dans le cadre des activités de la Francophonie en Algérie, le film « Montréal la Blanche » le 22 mars à 18h30 à l’Institut Français Alger. Pour faire profiter le maximum d’algériens, le film sera également projeté le 25 mars à l’Institut français de Constantine. 

Un film dramatique canadien, réalisé par un cinéaste algérien, qui revient, comme dans le film « Monsieur Lazhar » avec Fellag, sur les causes de l’exil de milliers d’algériens au Canada. La bande originale du film est signée du groupe « Labess », groupe algérien installé au Québec.  

Il faut dire que l’Ambassade du Canada comme toutes les missions de ce pays à l’étranger accordent une importance capitale à la célébration de la Francophonie. Un budget de presque 2000 dollars canadiens est consacré chaque année à ce programme. Les missions rajoutaient à chaque fois quelques milliers de dollars de leur budget de fonctionnement pour fêter cet événement. Avec une canadienne à la tête de l’OIF, Mme Michaelle Jean, le Canada est plus que jamais embarqué dans la promotion de la Francophonie dans le monde. 

DIA-AMBASSADEURS FRANCOPHONES
Rencontre des diplomates membres de l’OIF à Alger, pour préparer les festivités de la Francophonie le 15 mars 2017

Sur la vingtaine d’ambassades qui fêtent chaque année la journée de la Francophonie, ce sont les Ambassades du Canada et de la Suisse qui investissent le plus d’argent pour organiser cet événement ; suivies de la France qui possède pourtant un budget plus important consacré à la Culture en Algérie, mais qui évite de trop investir dans une manifestation francophone pour ne pas attirer la colère du Ministère algérien des affaires étrangères. Il faut préciser que si l’Algérie n’a pas adhéré à l’OIF c’est parce qu’elle reste convaincue que cette organisation est une nouvelle forme de colonisation initiée par la France.  Même si l’Algérie n’est pas membre de la Francophonie, elle compte plus de 11 millions de francophones, ce qui en fait le quatrième pays en termes de population francophone. Elle dépasse en population francophone le Canada où vivent environ 10 millions de Canadiens et de Canadiennes qui peuvent converser en français, dont 7,7 millions de francophones dans la seule province du Québec.

Salim AGGAR 

 
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