Pourquoi Driencourt est nommé deux fois au poste d'ambassadeur de France à Alger? - DIA
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Pourquoi Driencourt est nommé deux fois au poste d’ambassadeur de France à Alger?

DIA-24 février 2017: Très subtiles furent en 2010, les déclarations de  M. Xavier Driencourt, (*) Ambassadeur de France en Algérie, au sujet des relations algéro-françaises, en comparant ces dernières à la Bourse de Paris, des hauts et des bas, mais généralement, elles sont bonnes. Le même ambassadeur revient en Algérie, une deuxième nomination (pas fortuite du tout) au même poste est chose rare, un seul précédent à signaler, celle de Hubert Collin de Verdière, qui a été nommé au poste d’ambassadeur de  France en Algérie en 2000, rappelé  après deux ans en 2002, au secrétariat général du Quai d’Orsay, puis nommé à nouveau à Alger en 2004. Quel lien aurait cette nomination avec les dernières déclarations de Macron ? Ou tout simplement avec l’effervescence électorale en général, en France ? On ne peut rien affirmer, mais ce qui est sûr, c’est que la mission d’un diplomate est de veiller au renforcement des relations bilatérales, craint-on pour ces relations au point de décider de lui donner un nouveau  et ancien souffle ? Les enjeux géopolitiques dans la région ne sont pas certes minces, mais quand on dit Bourse, on dit investissement, l’ambassadeur reviendrait-il, après sa récente nomination, le 8 février donner un coup de pouce également à cette bourse ? Revenons donc, et précisons que pour un ambassadeur français, occuper le même poste n’arrive qu’en Algérie, les relations entre ces deux pays étant, nul ne l’ignore, complexes et compliquées. On se rappelle justement des déclarations du Juppéiste, M. Driencourt, « l’Algérie est pays complexe et compliqué », a-t-il  déclaré au quotidien arabophone ‘‘Sawt Al Ahrar’’, le mot ‘‘compliqué’’, le diplomate attaché à l’Algérie, l’a utilisé pour répondre, voire dissuader selon certains avis,  aux questionnements  des investisseurs français, « je réponds souvent que les conditions d’accès au marché algérien sont très attractives mais compliquées ».

Driencourt (**) Alger le connaissait déjà en 1994, quand il était aux ordres du ministre des affaires étrangères Alain Jupée. c’est bien Xavier Driencourt qui était de permanence un jour de noël le 25 décembre 1994, quand un Airbus d’Air France est pris en otage par des terroristes du GIA. Il  passa 72 heures d’affiliés au Quai d’Orsey, dans le bureau du directeur de cabinet Dominique de Villepin. Quelques jours avant son arrivée en poste à Alger en 2008, le chef du protocole à la présidence algérienne est arrêté à l’aéroport de Marseille et mis en examen dans une affaire d’assassinat de l’opposant Mecili. Une simple homonymie qui plongea les relations algéro-françaises dans le congélateur et durant plusieurs mois aucun ministre ne passe par Alger.   

Driencourt, c’est bien lui qui a eu cette idée osée d’inviter un bataillon algérien au défilé du 14 juillet 2012, pour marquer les 50 ans de la fin de la guerre d’Algérie. Dés élus du Front national ont à l’époque réclamés son rappel à Paris. Face à la polémique, les militaires algériens seront finalement au défilé en 2014. C’est également cet ambassadeur qui demanda aux autorités algériennes de supprimer le visa pour les français nés en Algérie avant l’indépendance en 1962, considérant qu’ils sont « des enfants de la terre d’Algérie. ». 

C’était entre 2008 et 2012, ferait-il les mêmes déclarations en 2017 ? le désormais ex-inspecteur général du Quai d’Orsay, conservera t-il le même esprit de « maison fermée » (***), critiqué par plusieurs diplomates français, lors d’un procès pour diffamation visant un ancien ambassadeur de France d’origine algérienne à Andorre. Un esprit qui va à contrario de la politique que prône à  priori  Macron.  Seuls les tous prochains mois répondront à ces questionnements.

Yasmine Yahia      

(*) Licence en droit, IEP-Paris, ENA. Détaché à la direction du Trésor (1984-1986). Chef adjoint du service du chiffre (1992-1993). Conseiller technique d’Alain Juppé au Quai d’Orsay et à Matignon (1993-1997). Ambassadeur en Malaisie (1998-2002).  DRH (2004-2006) et DG depuis aout 2006 du Quay d’Orsay.  (Profession Politique n° 946)

(**)Quatre nuances de France, édition Salvator 2015

(***) Nouvelobs (AFP)

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