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Exclusif: Vincenzo Nesci et Matthieu Galvani se livrent à DIA:« Djezzy, un exemple gagnant-gagnant du 51/49 en Algérie »

DIA-salim portrait
Interview réalisée par Salim AGGAR

DIA-05 novembre 2017: Dans une interview inédite avec les patrons de Djezzy, Vincenzo Nesci et Matthieu Galvani respectivement président exécutif et Directeur général, abordent la construction du nouveau Djezzy et des défis qu’impose le développement de l’internet mobile et l’industrie numérique. 

DIA : Comment évaluez-vous la situation de l’entreprise Djezzy, qui célébrera trois ans en janvier 2018 de l’entrée du FNI dans le consortium d’OTA ?

Vincenzo Nesci : Je considère le fait d’avoir le Fonds National d’Investissement dans le cadre de la règle 51/ 49 comme véritablement un plus pour Djezzy. Nous avons un partenaire qui s’est approprié le projet Djezzy le lendemain de la mise en vigueur de nos accords. Depuis, nous partageons la même vision et nous avons une force remarquable derrière nous qui est celle d’un organisme d’Etat. Un associé qui a besoin que nous soyons profitables pour augmenter sa contribution au développement de l’économie algérienne. C’est ce qui doit nous permettre d’avoir beaucoup de partenariats avec différents acteurs du secteur public. Beaucoup de sociétés d’Etat pourraient être clients de Djezzy pas seulement de l’opérateur historique.

Par exemple ?

V.N : Si Sonatrach a donné son contrat d’assurance mutuelle à AXA, qui est une société 51/49, pourquoi une partie des lignes de son personnel ou de ses œuvres sociales, ne viendrait pas chez nous ? Ce n’est pas harram.        

DIA: Mais quelques mois après l’accord avec le FNI, vous avez fait des offres pour certains ministères et sociétés nationales, qu’en a été le résultat ?

V.N : Il n’y a pas eu beaucoup de réponses, même s’il y a des ministères et des banques publiques qui sont clients de Djezzy    

DIA-Djezzy a multiplié l’ouverture des boutiques à travers le territoire national. Est-ce que cela s’est répercuté sur les chiffres des ventes ?

Matthieu Galvani : Oui ça s’est répercuté positivement sur les résultats commerciaux parce que nous avions besoin de renforcer notre présence dans certaines régions du pays. Mais la raison pourquoi nous l’avons fait, c’est que nous voulons rentrer dans un nouveau métier, un métier plus digital. Nous avons besoin de conseiller d’avantage le client. Donc ça prend plus de temps pour vendre un smartphone avec un abonnement et expliquer comment utiliser la data sur un smartphone, qu’il y a 10 ans quand on vendait des cartes SIM, des recharges et de la voix. Donc, le métier aujourd’hui est plus compliqué. Cela veut dire que nous devons passer plus de temps avec le client et il faut que nous ayons des points et des services de ventes physiques.

Dia- Djezzy

C’est dans cette optique que nous avons décidé d’investir et de construire 60 nouvelles boutiques en 10 mois. Et nous avons rajouté pratiquement un nouveau magasin en région par semaine. Ce qui veut dire que pour faire fonctionner un magasin, nous avons besoin de trois à six personnes.  Donc si vous faites le calcul, nous avons recruté 250 personnes pour faire fonctionner ces magasins. Nous avons créé de l’emploi dans les localités puisque nous recrutons à proximité des boutiques que nous ouvrons. Nous essayons de choisir au mieux nos emplacements.  Là où ça fait du sens.  Nous avons aussi un réseau de vente indirect que nous continuons de développer et de renforcer. Et pour vous donner une idée dans la distribution de la carte Sim et de la carte de recharge, nous avons actuellement 70 000 points de vente où nous trouvons les produits Djezzy.

DIA: Est-ce que vous pensez que baisser les prix des offres est une bonne stratégie de vente ?

M.G : Les deux choses sont complémentaires. Aujourd’hui nous arrivons à des taux de pénétration du mobile qui sont au-delà de 100%. On n’est pas dans la phase de grandes acquisitions. Tout le monde est pratiquement équipé. Par contre, il y a des gens qui changent de type d’équipement. Nous, il faut qu’on soit capable de l’accompagner avec de bonnes offres. Par exemple nous avons baissé les prix des offres de smartphones, nous avons baissé les offres « post-payé », et nous avons rajouté beaucoup de valeur à l’intérieur des packages. Donc il faut investir dans les points de ventes et dans la baisse des offres en même temps.           

DIA: Quel est l’apport des cadres expatriés dans le développement de l’entreprise ?

V.N : C’est quoi les expats ? Ils sont 13 sur 3000 employés de Djezzy…. 0,43%. Quand je suis arrivé à Djezzy en 2012, il y en avait 32.  L’expatrié est ici pour transférer un savoir-faire. Ce sont des jeunes qui ont une expérience spécifique dans la transformation digitale. Des gens qui arrivent ici avec beaucoup d’enthousiasme et donnent leurs contributions à la création d’un climat de croissance pour le développement de l’entreprise. Aujourd’hui (même si quelques personnes s’obstinent à dire le contraire) il y a un très bon climat constructif de gens sans aucune spécificité de passeport, car que ça soit les algériens ou les expatriés, ils sont en train de construire le Djezzy de Demain. Ce sont des gens qui ont appris à regarder devant et se projeter dans les années à venir. Tant qu’il y a quelqu’un qui préfère regarder dans le rétroviseur des glorieuses années de lancement sans se rendre compte que le marché change et la vie évolue, il est naturellement destiné à rester sur le bord de la route sans participer à l’évolution de l’entreprise.   

DIA-Djezzy MBM.G : Cette année, nous allons faire partir encore 3 expatriés. La logique de l’expatrié ce n’est pas de durer. Les contrats des expatriés sont généralement courts, un à deux ans en raison de la complexité de leur mission avec une obligation de transférer son savoir, car derrière un expatrié il y a souvent une ressource locale, qui n’a pas d’expérience à l’internationale et qui prend la suite de cet expatrié. La majorité des expatriés ont vu cinq à sept opérations dans le monde et apportent cette expérience aux travailleurs locaux. Nous avons des expatriés qui ont connu dans d’autres pays l’expérience de la 4G et nous font bénéficier de leurs expertises technologiques ou commerciales. Il y a des secteurs où nous en avons plus que dans d’autres. Pour le design des nouvelles boutiques, nous avons eu des ressources d’expatriés qui viennent pour lancer l’opération durant une période de quelques mois avant l’ouverture de celles-ci.        

DIA: De nombreux cadres locaux ont critiqué leur départ forcé, mais en même temps vous avez lancé une campagne de recrutement d’employés locaux, pouvez-vous nous expliquez votre stratégie d’emploi ?

V.N : Moi, je conteste violemment l’expression départ forcé…. Il n y a pas eu de départ forcé sauf dans des cas de fautes graves ou des cas de manquement au code d’éthique de Veon et donc de Djezzy. Dans ce cadre, je crois qu’il n’y a pas eu plus de cinq cas. Pour revenir à votre question sur l’offre de départ volontaire, nous avons ouvert un guichet pour que les employés qui avaient d’autres programmes personnels et qui ne se sentaient pas intéressés par la transformation de Djezzy puissent partir de leur volonté.  Ils ont volontairement adhéré à ce programme et sont partis avec beaucoup d’argent. Car ces gens ont loyalement servi cette société pendant des années et donc s’ils n’avaient plus envie de continuer ce challenge, ils ne devaient pas être pénalisés mais bien au contraire, ils ont été très bien rémunérés dans le cadre de leurs départs.  Donc, nous n’avons poussé dehors personne.

DIA-DJEZZY DIGI

M.G : En marge de ce qu’a dit Vincenzo, il est tout à fait normal que dans la vie d’une société il y ait des gens qui arrivent et d’autres qui partent. Il y a de nouveaux métiers qui se créent et il y a des anciens métiers qui disparaissent et les gens font autre chose dans l’entreprise. Il y a des tas d’exemples. Il y a des gens qui sont rentrés il y a 15 ans et y sont toujours mais font des métiers complétement différents. Il y a des gens qui sont rentrés aux ventes et qui se sont retrouvés, des années plus tard, aux ressources humaines. Il y a des gens qui étaient aux ressources humaines et qui sont actuellement dans le commercial. Il y a des gens qui sont arrivés comme superviseurs, il y a quinze ans, derrière un écran à surveiller les alarmes et qui se retrouvent aujourd’hui en train de manager notre data center qui est le cerveau de Djezzy. Donc les gens qui sont passionnés par leur métier et engagés pour leur entreprise et qui ont voulu progresser, apprendre, et faire des formations sont encore là et souvent à faire autre chose. Il y a des chemins de carrière. Maintenant, nous devons faire rentrer des ressources nouvelles dans l’entreprise. Nous l’avons dit. Nous avons recruté 250 personnes dont de nouveaux ingénieurs qui nous permettent de faire des choses que nous ne faisions pas avant. Par exemple, lorsque nous avons créé le nouveau menu internet qui permet aux clients de choisir n’importe quelle offre, nous sommes peut-être le seul opérateur de la région à l’avoir fait nous-même. Avant, on se tournait vers un constructeur et on lui demandait de faire ça et on attendait qu’il nous fasse une proposition et ça nous coutait X centaines de milliers d’euro en plus des consultants qui venaient et qui faisaient des choses. Là, nous avons tout fait nous-même, avec des ingénieurs qui sortent de l’Université de Beb Ezzouar, qui ont moins de 30 ans et sous la supervision d’une ressource expatriée qui a dit non on va le faire nous-même. Nous allons faire en deux mois quelque chose qui nous aurait pris quatre mois et on aurait fait travailler des gens à l’étranger. Sans cet effort de transformation, nous n’aurions pas été capables de le faire. Nous avons certains de ces brillants profils qui n’ont pas 30 ans, qui ont créé des choses et que nous allons envoyer ce mois de novembre à l’étranger en Arménie pour défendre les couleurs de l’Algérie dans un projet digital beaucoup plus important, où ces jeunes de l’Université de Beb Ezzouar vont avoir l’occasion de démontrer à l’étranger au sein du Groupe ce qu’ils sont capables de faire. Ce qui pourrait également leur ouvrir sur le plan professionnel les portes de l’étranger.  

DIA-Djezzy déploiement                 

DIA: Djezzy qui était leader du marché a perdu un million d’abonnés, pensez-vous que c’est dû au retard accusé sur l’entrée du marché de la 3G ou le fait que la 4G n’a pas encore donné les résultats escomptés ?

V.N : Je pense que le retard de la 3G a impacté notre base client et nos revenus et ça faisait partie d’un programme qui prévoyait d’arriver à un marché de type britannique avec trois opérateurs avec des parts de marché équivalentes. Nous avons été pendant 9 ans considérés comme opérateur dominant, quelque chose que nous n’avons vu dans aucun pays dans le monde.  Moi je dis toujours que si on doit garder 9 ans un opérateur dominant ça veut dire que les autres opérateurs ont besoin de cette aide ! Je peux vous dire que nous n’allons pas nous arrêter là et nous allons redevenir leader du marché. Nous avons bien entamé notre 4G, nous allons continuer à investir dans notre 4G et réussir à trouver du contenu local, pour que la 4G ne soit pas l’apanage de Facebook et de YouTube, mais qu’elle soit un instrument de développement des capacités en Algérie.

DIA: Quand vous dites que vous allez occuper le marché de la 4G ça veut dire que vous allez déployer encore plus vos capacités de connexion ?

V.N : Je vous invite à venir avec nous sur les nouvelles wilayas qui ont été ouvertes et dans lesquelles nous allons célébrer l’extension de notre réseau 4G. Et ce n’est pas des wilayas très centrales. C’est le cas de Tamanrasset et ça veut dire amener à cette ville du Grand sud, la possibilité de faire vraiment partie du village globale. Avoir la 4G, ça veut dire avoir l’accès à l’information, à la culture, au télé- enseignement, à la télémédecine c’est dans ça que nous allons continuer à investir. Les opérateurs se targuent d’être leaders en nombre de clients.

DIA-Mathiew Galvani

DIA:C’est le nombre de client qui calcule l’importance d’un opérateur ?

M.G : C’est important d’avoir des clients. Quand vous additionnez le nombre des clients vous obtiendrez un chiffre plus important que la population algérienne, sans compter les enfants en bas âge et les personnes âgées.  On est leader de quoi ? Du nombre de cartes SIM vendues ? Il faut être raisonnable. Aujourd’hui, nous avons 16 millions de clients. Notre focus principal, ce n’est pas de savoir s’il faut 16,5 millions, 17 millions ou 18 millions de clients ou que je fasse rentrer le maximum de cartes SIM en distribuant des cartes SIM gratuites pour avoir le maximum de clients. La véritable question est de savoir qui est le leader dans l’investissement cette année ? C’est Djezzy. Ce sont 15 milliards de dinars investis cette année et 100 milliards de dinars sur les cinq années à venir. Est-ce qu’il y a un autre opérateur aujourd’hui qui annonce avec autant de transparence ses investissements dans le futur en disant moi je vais mettre 100 milliards de dinars sur la table ?  Non il n’y en a pas !  Qui sont les gens qui ont confiance dans l’économie du pays, le cadre de la loi télécom et de la réglementation pour dire oui nous sommes dans la bonne direction et mettons 100 milliards de dinars ? Ce sont les opérateurs leaders, des opérateurs qui disent ce qu’ils font et font ce qu’ils disent.  Nous sommes en train de construire le plus grand réseau 4G en Algérie. Nous avons dépassé 3 fois la couverture de nos concurrents. Parce que le réseau 4G c’est le réseau de demain ce n’est pas le réseau 2G, ce n’est même plus le réseau 3G. Nous sommes à 25% de couverture nationale pour la 4G, c’est-à-dire presque 10 millions d’algériens environ, c’est trois plus que n’importe quel autre concurrent. Si nous regardons l’investissement dans le réseau de demain, moi j’estime que Djezzy est leader puisqu’on construit le réseau DATA internet de l’Algérie de demain et nous l’annonçons de manière très transparente. Si certains estiment qu’en ayant plus de cartes SIM, ils sont leader, moi je peux mettre 1 million de cartes SIM demain et les faire activer et je passerais de 16 millions à 17 millions de clients mais ça ne m’intéresse pas. Sur les 16 millions de clients, nous avons 8 millions qui consomment encore sur la couche 2G et un peu 3G parce que leurs téléphones sont anciens et nous avons donc la moitié des abonnés qui s’est dotée en smartphones.

DIA: Djezzy était toujours leader sur le marché grâce aux clients qui utilisent la voix. Est-ce que vous pensez que c’est important de garder cette catégorie de clients qui n’utilisent pas la data ?

M.G : Ils n’utilisent pas la DATA parce qu’ils n’ont pas encore de smartphones.

DIA: Même s’ils ont un smartphone, ils ont toujours une préférence pour la 2G.

M.G : Vous avez entièrement raison et c’est la raison pour laquelle il faut éduquer certains clients sur l’utilisation d’un smartphone parce que pour certains la data fait très peur. C’est pour ça que nous avons des offres comme Millenium, où nous avons de la voix et de la data combinées.  Nous avons également des offres data pure, une offre qui est très demandée car elle permet au client d’acheter 1Go à 800 DA valable 30 jours, nous avons aussi une offre avec 10 Go et une autre offre pour 1DA l’appel et au milieu de tous ça il y a les best Sellers, il y a les offres combinées millenium, avec la data et la voix mélangées.

DIA: Djezzy qui était le premier opérateur en matière d’investissement publicitaire dans les médias a reculé depuis quelques années, en réduisant sa visibilité. A quoi est dû ce recul dans le marketing médiatique ? Quelle stratégie pour le digital et l’audiovisuel ?

V.N : Une société qui veut se transformer en leader du Digital doit, naturellement, changer sa manière de communiquer. Il y avait des années où il fallait soutenir la base d’abonnés avec de la publicité. Ensuite, il y a eu les années difficiles où il fallait faire passer des messages pour que les clients ne nous oublient pas. Je ne vais pas vous rappeler que certains racontaient qu’on était mourants et qu’on allait mourir. On est hamdoulilah en bonne santé et ces chers messieurs se trompaient. Donc l’investissement publicitaire aujourd’hui est beaucoup plus sélectif. On n’a pas besoin de saupoudrer à droite et à gauche pour faire passer un message. Nous passons le message de manière professionnelle en investissant sur les médias digitaux, qui sont des médias de demain.

M.G : Si les gens regardent les pages web, il faut qu’on y soit. La presse électronique est très lue et la presse papier est toujours là. Notre difficulté c’est d’être équilibré. Il y a les télévisions privées.  Il y a aussi les radios en région où nous avons considérablement augmenté notre investissement publicitaire. Nous n’avons pas non plus un budget qui est extensible et infini. Nous faisons des choix économiques. On regarde de manière très scientifique, où se trouve l’audience et en fonction de cela on peut mettre un dinar de publicité là où on pense qu’on a les meilleures chances d’être vu et retenu. On n’a pas non plus un budget conséquent, même si cette année on a absorbé les augmentations de taxes pour le client. On n’a pas répercuté l’augmentation de la TVA sur les prix. Pire on a baissé les prix.

Nous n’avons pas l’intention aussi de baisser l’investissement de la publicité dans la presse papier. Elle est là, elle est lue par une certaine audience. Il y a des gens qui lisaient la presse papier et qui sont partis vers la presse électronique. Il y a des gens qui regardent le même média traditionnel mais sur leur smartphone. Il faut être présent dans les deux.  

DIA: L’Algérie possède plus de 18 millions d’abonnés sur Facebook, certains opérateurs misent sur les réseaux sociaux pour fidéliser leurs clients, est ce que Djezzy accorde une importance à cette catégorie ?

M.G : Nous avons des millions de followers sur tous les réseaux sociaux dont plus de 4 millions d’abonnés sur Facebook. Nous faisons partie des marques qui ont le plus grand nombre de followers sur les deux réseaux Twitter et Facebook. C’est un excellent relais publicitaire. Mais l’engagement que nous avons avec nos clients sur les réseaux sociaux est différent. Il est plus ludique et plus informatif, et là-dessus nous sommes encore au début, de ce qu’on sait faire comme marque en Algérie. Par exemple, nous avons recruté des gens qui gèrent les pages Facebook (Des community manager) et qui regardent ce qui se fait sur les réseaux sociaux. Et comme on recrute les meilleurs on se les fait piquer par une autre entreprise. 

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Jean-Yves Charlier PDG de VEON

DIA: Ericsson a signé un important accord avec Veon, quel apport pour Djezzy ?

M.G : Nous avons pris toute notre logistique et notre technologie et nous l’avons refaite à zéro avec Ericsson. Tout ce qu’on appelle un IT stack, une nouvelle architecture et une logique de mode de fonctionnement IT. Tout est neuf avec une projection vers le futur : The State of the Art, nous sommes en train d’écrire ce qui se fait comme stratégie de demain. Le groupe a investi plus d’un milliard de dollars. Il y a très peu de groupes qui ont décidé d’investir dans l’industrie de demain.

DIA: Est-ce que Djezzy n’a pas rencontré des problèmes pour la mise en place de ces investissements, comme ce fut le cas dans le passé ? 

M.G : Franchement Non. Nous avons un groupe national local qui nous soutient.  Mieux, le FNI est très excité par ce que nous avons fait et nous demande d’aller plus vite dans la construction de ce Djezzy de demain. On n’a pas un actionnaire qui est frileux des démarches qu’ont fait. Bien au contraire. 

VN : C’est un test pour nous et un test pour notre partenaire. Djezzy doit être l’exemple de la réussite du 51/49. L’exemple qui doit être porté dans les milieux internationaux pour dire que l’exemple du 51/49 n’est pas une barrière pour l’investissement mais au contraire il peut faciliter l’investissement et les bons résultats de l’investissement.  

DIA: Est-ce que la nouvelle politique de Madame la Ministre des PTIC sur le développement des DATA center et leur installation en Algérie convient à la stratégie de Djezzy aujourd’hui ? 

V.N : Djezzy opère dans une stratégie de respect de l’éthique et la législation du pays.  Donc pour nous, c’est tout à fait normal de s’adapter à ce cadre que Madame la ministre a mis en exergue. 

DIA: D’ailleurs, c’est pour cette raison que vous avez été consulté à l’APN sur la nouvelle loi sur les télécoms.

V.N : Nous sommes très heureux et honorés d’avoir été consulté, d’ailleurs c’est la première fois. On a eu trois heures de débat très intéressant et constructif. Nous avons publiquement remercié l’Assemblée Populaire Nationale pour cette marque d’attention. Il faut préciser que les lois et le contexte doivent se construire ensemble. C’est beaucoup mieux de se mettre autour d’une table et discuter sur les projections du secteur pour le bien du pays.         

DIA:Quel est votre avis sur les appréciations de certains opérateurs qui affirment que le marché du mobile est saturé et qu’il est presque impossible de faire du chiffre comme il y a quelques années ?

V.N : Il y a cinq ans le président d’Itsalat au congrès de Barcelone parlait du développement et donnait des chiffres qui semblaient totalement absurdes sur les grandes perspectives. Aujourd’hui quand vous pensez au développement que va connaître l’internet des objets : la commande à distance de votre four, quand vous êtes sur le chemin du retour à la maison et vous voulez trouver votre repas chaud, la clim qui doit s’allumer à une heure précise et la possibilité d’avoir une caméra à l’entrée de votre maison et suivre qui s’approche de votre maison à travers votre mobile. C’est 40 millions d’habitants mais ça peut-être 120 millions d’objets connectés.
M.G : Il y a un projet de l’e-gouvernement et de la refonte du système, on va être pleinement impliqué là-dessus aussi. Le marché va surconsommer de la data et de l’internet, comme on ne s’y attend absolument pas. Nous allons retrouver des connexions partout et derrière ces connexions nous serons là. Plus nous investissons massivement dans les infrastructures 4G à travers le pays et plus nous contribuons au développement du réseau internet. C’est pour cela que nous avons consenti des investissements dans notre Data center. Nous avons tout mis à la poubelle et nous avons tout refait pour avoir la possibilité complète de facturer tout et n’importe quoi et de construire tout et n’importe quoi en terme de logique et d’architecture. La grande différence entre les acteurs Télécom traditionnels et les sociétés du monde de l’internet c’est que ces dernières sont complétement virtualisées et peuvent tout faire et tout proposer à leurs clients. Les acteurs Télécoms traditionnels dépendent des circuits de connexion, de switchs et de plateformes qui ont leurs limites. Qui est-ce qui a créé le SMS ? Ce sont les opérateurs de téléphonie. Qui l’a valorisé ? WhatsApp et Viber. Qu’est ce qui a permis d’envoyer une photo ? C’est le MMS. Qui est-ce qui l’a valorisé ? c’est Snapchat. Avec le produit Veon qui est lancé en Russie en Géorgie en Italie, nous sommes en train de nous préparer pour lancer cette opération et devenir une formidable plate-forme de contenu interactif en Algérie.

DIA: Enfin une dernière question, l’opérateur historique évoque le lancement de la 5G en 2021. Cela correspond-il à vos prévisions ?

V.N : Pour l’instant la 5G est un peu plus qu’un concept. Nous, nous ne lançons pas dans la 5G ou la 6G, ce que je peux vous dire c’est que la technologie ne s’arrête pas, donc si ça sera nécessaire d’intégrer une nouvelle couche en termes de nouvelles technologies, il faut que cette technologie donne une valeur ajoutée.

M.G : C’est bien de dire 5G en 2021, c’est bien aussi de garantir 10 Mo pour nos clients 4G et 3G.    

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    « Djezzy, un exemple gagnant-gagnant du 51/49 qui va redevenir le leader du marché en Algérie ».

 

   

 

 

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