Le groupe français Total se replace en Algérie en prévision de projets futurs - DIA
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Le groupe français Total se replace en Algérie en prévision de projets futurs

DIA-13 décembre 2017: Le Ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, a reçu mercredi à Alger, le P-dg du groupe français Total, Patrick Pouyanné, en présence du P-dg de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, a indiqué un communiqué du ministère.

Lors de cet entretien, les deux parties ont passé en revue les relations entre Total et Sonatrach, notamment dans les domaines gaziers ainsi que les perspectives de collaboration entre les deux groupes dans des projets structurants en Algérie, selon la même source.

Ils ont notamment abordé les projets futurs à réaliser dans le onshore, le offshore, les énergies renouvelables et la pétrochimie.

Les parties se sont également félicitées du contrat de concession signé mercredi entre Sonatrach, Total, Cepsa et Alnaft relatif au champ gazier de Timimoun dont la mise en production est prévue au premier trimestre 2018 pour un volume de 5 millions de m3 de gaz par jour en plateau, précisant que 19 puits sur 37 ont été déjà forés depuis le début de la campagne d’exploration en 2003.

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Le consortium Sonatrach-Total-Cepsa

Le champ gazier de Timimoun, dont la production commerciale devrait atteindre 1,6 milliard de m3 par an, est détenu à hauteur de 51% par Sonatrach, à 37,75% par Total et à 11,25% par Cepsa. Sonatrach, Total, Cepsa et l’agence nationale pour la valorisation des hydrocarbures (Alnaft) ont signé le « contrat de concession confirmant le nouveau cadre contractuel applicable au développement du projet Timimoun », selon le communiqué. Ils ont également signé l’accord de commercialisation du gaz qui confie à Sonatrach la vente de la totalité du gaz produit.

Ce projet gazier représente un investissement de 1,5 milliard de dollars pour le consortium Sonatrach-Total-Cepsa, chargé du développement de ce champ gazier. Le projet prévoit la construction d’unités de traitement de gaz confiée en 2014 au groupe sud-coréen Samsung Engineering pour un montant de 800 millions de dollars.

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Le PDG de Sonatrach Ould Kaddour et le PDG de Total Patrick Pouyanné

Cet accord intervient après une tempête entre l’Algérie et le groupe français qui a duré plusieurs années. Le groupe français Total avait engagé avec Repsol, un contentieux contre l’Algérie et la compagnie, Sonatrach, sur le partage des profits tirés du pétrole et du gaz.  

L’accord trouvé a été finalement conclu en avril 2017 entre Total et Sonatrach après plus de quatre mois de négociations entre les équipes du pétrolier français et celles de la Sonatrach, pilotées par le vice-président chargé de l’amont Salah Mekmouche. Mourad Ould Ali, le numéro 2 de l’amont, ainsi que M.K Rekouche, le directeur du juridique, ont également participé aux négociations. 

Selon Maghreb Confidentiel, le P-DG de Total, Patrick Pouyanné, avait profité du forum mondial de l’énergie de septembre 2016 à Alger pour renouer avec l’état-major de la Sonatrach. Un tête à tête a ensuite été organisé en janvier avec le P-DG de Sonatrach de l’époque, Amine Mazouzi. Cette rencontre avait permis de poser les bases d’un règlement à l’amiable sur les litiges, principalement lié au contentieux sur la taxe sur les profits exceptionnels – au-delà de 30 dollars le baril, les profits sont taxés. En acceptant de s’acquitter de cette taxe, Total a obtenu, à l’instar d’ENI et de Cepsa sur d’autres permis, une prolongation de 20 ans de son contrat sur le périmètre de Tin Fouye Tabenkort (TFT). Les droits de Total sur ce gisement expirent théoriquement en 2019. Autre compensation importante : Total a obtenu que sur le gisement de Timimoun, dont l’accord a été conclu avant les amendements sur la loi sur les hydrocarbures de 2013, soit modifié en prenant en compte ces derniers. Les amendements de 2013 donnent des avantages fiscaux pour des gisements non conventionnels. Cet accord sonne comme une revanche pour Total : le groupe avait demandé en 2014 qu’un autre de ses gisements, Ahnet, bénéficie également de ces avantages, mais l’Etat algérien avait jugé que les ressources du champ ne pouvaient être classées comme non-conventionnelles. Total s’était alors retiré d’Ahnet, de leur point de vue insuffisamment rentable faute de fiscalité aménagée. Il est aussi question que Total prenne une participation sur un bloc dans l’Erg Issaouene, bassin d’Illizi, non loin de TFT.

Ainsi le groupe pétrolier français se replace en Algérie, suite aux accords politiques entre les gouvernements français et algérien. 

Amir Hani