Guillermo del Toro triomphe aux Oscars 2018 - DIA
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Guillermo del Toro triomphe aux Oscars 2018

DIA- 05 mars 2018: « La Forme de l’eau » du Mexicain Guillermo del Toro a été sacré Oscar du meilleur film dimanche, remportant au total 4 prix lors d’une cérémonie marquée de vibrants appels contre les discriminations sexuelles et raciales.

Autre grand gagnant, « 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance », est reparti avec les statuettes de meilleur second rôle masculin pour Sam Rockwell et meilleure actrice Frances McDormand, qui interprète une mère en colère face à l’enquête non élucidée sur le meurtre de sa fille. 

« La Forme de l’eau », romance fantastique sur une muette travaillant dans un laboratoire gouvernemental secret qui tombe amoureuse d’une créature reptilienne captive, partait forte de 13 nominations et a valu au compositeur français Alexandre Desplat son 2ème Oscar. 

« J’ai grandi au Mexique, je pensais que ça ne m’arriverait jamais », a déclaré del Toro, 53 ans, également lauréat du titre de meilleur réalisateur, sur la scène du Dolby Theatre.

Espérant que ses films génèrent « l’empathie envers les autres », il a appelé les jeunes cinéastes qui veulent « utiliser le genre fantastique pour raconter ce qui se passe dans le monde aujourd’hui à mettre un grand coup de pied dans la porte ».

Belle soirée pour le Mexique: « Coco » de Pixar, un hommage à la Fête des morts, a remporté les Oscars du meilleur film d’animation et de la meilleure chanson. C’est la 6ème victoire d’affilée pour le groupe Disney.

Chez les comédiens, Allison Janney a reçu le prix du meilleur second rôle féminin pour avoir joué la mère abusive de la patineuse Tonya Harding dans « Moi, Tonya », et l’anglais Gary Oldman celui du meilleur acteur pour son interprétation fiévreuse de Winston Churchill dans « Les heures sombres ».

Lors d’un des moments les plus forts de la nuit, Frances McDormand a appelé toutes les artistes féminines dans la salle, actrices, compositrices, productrices, scénaristes, réalisatrices, à se lever.

– « Des histoires à raconter » –

« Nous avons des histoires à raconter et des projets qui ont besoin de financement », a insisté la comédienne de 60 ans, oscarisée pour la seconde fois.

Dans son discours introductif, le présentateur Jimmy Kimmel a ironisé sur la statue de l’Oscar, « qui garde ses mains là où on peut les voir, il ne dit rien d’insultant et n’a pas de pénis, (…), on a besoin de plus d’hommes comme ça » à Hollywood.

Il a ajouté que le cinéma doit « montrer l’exemple » en matière de harcèlement et d’égalité entre hommes et femmes au travail.

Ces Oscars étaient les premiers depuis les révélations sur Harvey Weinstein, le producteur déchu accusé d’avoir harcelé ou agressé sexuellement une centaine de femmes dont des stars comme Gwyneth Paltrow et Salma Hayek.

Aux côtés d’Ashley Judd, l’une des premières à avoir parlé publiquement contre Weinstein, et d’Annabella Sciorra qui accuse le producteur de l’avoir brutalement violée, Salma Hayek a présenté une vidéo contre les discriminations à l’encontre des femmes, des minorités sexuelles et ethniques.

« Nos voix se sont finalement élevées et jointes dans un choeur puissant pour dire ‘c’est terminé' », a déclaré Judd, émue.

La cérémonie a été marquée de messages contre la politique anti-immigration du président américain Donald Trump.

« Nous devons continuer à effacer les murs plutôt qu’à les rendre plus profonds », a ainsi enjoint Guillermo del Toro.

Jimmy Kimmel a évoqué la « superbe Lupita Nyong’o. Elle est née au Mexique et a été élevée au Kenya. Et voilà l’avalanche de tweets qui va commencer depuis les toilettes présidentielles ». 

La comédienne a quant à elle déclaré sur scène, allusion aux jeunes sans-papiers surnommés les « dreamers »: « les rêves sont la fondation d’Hollywood et de l’Amérique ».

– « Aimer face à la haine » –

Côté diversité, le palmarès a récompensé un cinéaste noir, Jordan Peele, pour le scénario de son film d’horreur « Get Out », qui critique le racisme bien-pensant. Il a remercié sa mère « qui m’a appris à aimer même face à la haine ». 

L’Oscar du meilleur film en langue étrangère est allé au chilien « Une femme fantastique » de Sebastian Lelio, porté par une actrice transgenre, Daniela Vega.

Déception pour la légendaire Agnès Varda, 89 ans: son « Visages, Villages » coréalisé avec JR n’a pas reçu le prix du meilleur documentaire, revenu à « Icarus ».

Le mythique auteur-réalisateur James Ivory a quant à lui, à 89 printemps également, décroché sa première statuette pour le scénario de « Call me by your name ».

Soulagement pour Jimmy Kimmel et les huissiers: la cérémonie s’est déroulée sans anicroches après le fiasco de l’an dernier, quand le mauvais gagnant de l’Oscar du meilleur film (« La la land » au lieu de « Moonlight ») avait été annoncé. 

L’erreur avait été causée par un employé distrait du cabinet d’audit Pricewaterhousecoopers qui avait remis la mauvaise enveloppe au mythique duo Warren Beatty et Faye Dunaway. Ils étaient de retour pour la même mission dimanche, cette fois accomplie sans encombre.

Palmarès complet 

-Meilleur réalisateur : Guillermo del Toro, pour « La Forme de l’eau »

-Meilleur film d’animation : « Coco »

-Meilleure adaptation : « Call Me by Your Name », par James Ivory

-Meilleur scénario original : « Get Out », de Jordan Peele

-Meilleur second rôle féminin : Allison Janney, dans « Moi, Tonya »

-Meilleur second rôle masculin : Sam Rockwell, dans « 3 Billboards »

-Meilleur film en langue étrangère : « Une femme fantastique »

-Meilleur court-métrage d’animation : « Dear Basketball » de Kobe Bryant

-Meilleure bande-originale : « La Forme de l’eau »

-Meilleure photographie : « Blade Runner 2049 »

-Meilleur montage son, meilleur mixage, son, meilleur montage : « Dunkerque »