DIA | La visite de Le Drian en Algérie passe inaperçue : les relations algéro-française au plus bas
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La visite de Le Drian en Algérie passe inaperçue : les relations algéro-française au plus bas

DIA-12 mars 2020: D’habitude, la visite en Algérie d’un ministre ou haut responsable français et de surcroît le chef de la diplomatie, suscite un grand intérêt. Cela se passait ainsi au temps de l’ancien président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Chaque visite d’un haut responsable français était présentée comme un événement majeur.

Ce n’est plus le cas à présent, en témoigne la visite effectuée ce jeudi à Alger par le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Elle aura été un non-événement. Pourtant, cette visite était inscrite  dans le cadre de la réunion de la 6e session du Comité mixte économique franco-algérien (COMEFA), coprésidée par le MAE algérien, Sabri Boukadoum et son homologue français Le Drian.

Il faut relever que contrairement à ses habitudes, le MAE n’a pas annoncé la visite de Le Drian et la tenue de la 6e session du COMEFA. Le MAE n’a pas également rendu public un communiqué à l’issue de la réunion du COMEFA. Par le passé, la réunion du COMEFA était largement médiatisée et plusieurs ministres et hommes d’affaires des deux pays y prenaient part. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

A l’issue de cette réunion qui s’est tenue ce jeudi matin au siège du MAE, les deux ministres, Boukadoum et Le Drian n’ont pas fait la moindre déclaration.

Le Drian qui était arrivé dans la matinée de jeudi à Alger, n’a été reçu par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune qu’en fin de journée. Une audience protocolaire, marquée par une laconique déclaration du MAE français.

« Nous avons évoqué l’ensemble des questions de partenariat que ce soit sur les questions mémorielles ou sur le calendrier à venir puisque nous tiendrons en début du mois de juillet avec les Premiers ministres des deux pays un comité interministériel de haut niveau qui permettra de faire le point sur l’ensemble de nos partenariats et sur les questions culturelles, universitaires, de formation et de jeunesse », a déclaré Le Drian.

Il a indiqué avoir tenu au cours de la journée « plusieurs réunions » avec Boukadoum et ils ont évoqué « tous les sujets de partenariat entre l’Algérie et la France ».

« Nous avions eu aujourd’hui une réunion sur l’ensemble des enjeux économiques », à ajouté Le Drian, estimant que le partenariat économique entre l’Algérie et la France « retrouve de la vigueur d’autant plus que le plan d’action du gouvernement (algérien) permet des nouvelles ouvertures et une relation encore plus positive dans le domaine économique entre nos deux pays ». 

Aucune photo ni communiqué n’ont été publié sur le compte Twitter de Le Drian, ce qui dénote un manque d’intérêt pour cette rencontre diplomatique. 

Le communiqué de la présidence de la République a relevé pour sa part, que « les deux parties ont passé en revue les volets de coopération bilatérale et les voies et moyens de l’impulser, notamment pour les petites et moyennes entreprises et les start-up. Elles ont, également, procédé à un échange de « vues sur la situation en Libye et au Sahel » et souligné la nécessité d »‘approfondir la concertation en vue d’accélérer l’instauration de la paix et de la sécurité de manière durable dans la région ».

La question de la mémoire n’a pas été évoquée de manière détaillée, alors qu’elle est importante dans les relations entre les deux pays. Par le passé, l’Algérie et la France qualifiaient leur partenariat de « privilégié et stratégique ». Aujourd’hui, aucune référence n’est faite à ce partenariat et encore moins au fameux projet de traité  d’amitié qui date du temps de Jacques Chirac.

Tout cela pour dire que les relations entre les deux pays sont plus que jamais froides, sachant que la France de Macron et de Le Drian avait tenté de s’immiscer dans le Hirak et les affaires internes de l’Algérie. La France de Macron et Le Drian avait soutenu l’ancien Président, Abdelaziz Bouteflika et avait grandement contribué au « renversement » de Abdelmadjid Tebboune en 2017 quand il était Premier ministre, pour être remplacé par Ahmed Ouyahia. Toutes ces péripéties ont eu un impact négatif sur les relations entre les deux pays.

Amir Hani