DIA | Le Drian reçu « froidement » par les autorités algériennes  
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Le Drian reçu « froidement » par les autorités algériennes  

DIA-16 octobre 2020: Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française Jean-Yves Le Drian a été reçu froidement par les autorités algériennes, malgré des déclarations à travers lesquelles il a loué toutes les actions entreprises par l’Algérie et son Président Abdelmadjid Tebboune.

L’accueil froid réservé à Le Drian est en relation avec ses positions politiques. Connu pour être un pro-marocain, le chef de la diplomatie française est à l’origine de la crise sécuritaire au Mali. C’est Le Drian, quand il était ministre de la Défense, qui avait lancé la fameuse opération Serval au Mali, créant ainsi dans ce pays une situation de crise.

Une crise qui a eu un impact sur la situation sécuritaire dans la région, sachant que l’instabilité actuelle au Mali est une conséquence direct de l’opération Serval, laquelle avait permis à l’armée française d’intervenir au Mali.

Cette opération qui ne devait pas durer dans le temps, a été une intervention militaire française au Mali sous couvert du «soutien militaire aux troupes maliennes contre les groupes terroristes ».

Une opération « tolérée » par l’Algérie au temps de Bouteflika, mais qui était une ingérence directe dans les affaires internes du Mali, dont le Nord est le prolongement du Sud algérien d’où l’impact négatif de cette intervention militaire sur l’Algérie.

Le nom de Le Drian est cité parmi ceux qui feraient partie des lobbys marocains et juifs sionistes hostiles aux bonnes relations qu’entretiennent la France et l’Algérie, lui qui a toujours défendu les thèses « colonialistes ».

Il faut aussi relever que Le Drian, qui est arrivé ce jeudi en fin d’après-midi pour une visite de travail en Algérie, n’a pas été accueilli par son homologue ou autre responsable algérien à l’aéroport Houari-Boumediene.

D’habitude, Le Drian est accueilli par son homologue, Sabri Boukadoum au salon d’honneur présidentiel de l’aéroport d’Alger. Cette fois-ci, Le Drian a été accueilli par…l’ambassadeur de France à Alger.

Pis encore, Le Drian qui est accompagné d’une forte délégation et d’un groupe de journalistes, devait animer une conférence de presse à l’issue de ses entretiens avec Boukadoum. Il devait aussi poursuivre sa visite vendredi, mais les autorités algériennes lui ont signifié que le vendredi est un jour de repos en Algérie.

C’est ainsi que toutes les activités protocolaires au programme de Le Drian ont été liquidées ce jeudi. Il repart demain, vendredi matin, en France. Sur son compte Twitter pas d’image avec le président Tebboune juste une photo de sa déclaration à la sortie de Présidence. 

Le Drian qui n’a pas animé de conférence de presse, a fait une déclaration au sortir de l’audience que lui a accordée le Président Tebboune. Il a lu une déclaration écrite, ce qui laisse entendre qu’il ne voulait pas se tromper sur les mots et a tenu à rédiger sa déclaration tout en évitant les questions des journalistes.

Dans sa déclaration, il n’a pas tari d’éloges à l’égard de l’Algérie et du Président Tebboune. Il a indiqué, que sa visite en Algérie marque « la solidité des liens d’amitié » entre l’Algérie et la France, soulignant que « les deux pays ont besoin l’un de l’autre ».

« Nos deux pays ont besoin l’un de l’autre et notre concertation demeure essentielle sur des questions d’intérêt commun », a-t-il déclaré.

« Je suis venu à Alger pour marquer la solidité des liens d’amitié entre nos deux pays. Pour la France, l’Algérie est un partenaire de premier plan en raison des liens humains multiples qui nous unissent par delà la Méditerranée », a-t-il dit, ajoutant que « notre relation est riche et multiple, notamment en matière d’échanges humains, éducatifs, scientifiques, la coopération économique et les enjeux sécuritaires ainsi que les questions régionales ».

Rappelant qu’il effectue sa troisième visite en Algérie en 2020, le chef de la diplomatie française s’est dit « heureux » de constater que la relation bilatérale connaît « un nouvel élan ».

Il a ainsi fait observer que le président français Emmanuel Macron avait engagé dès 2017 « une démarche de lucidité sur l’Histoire de la colonisation et de la Guerre d’Algérie », soulignant qu’il l’a montré « par des actes forts, comme la remise récente à l’Algérie des restes mortuaires des combattants algériens conservés au Musée de l’Homme ».

En ce sens, il a indiqué que M. Macron a demandé à l’historien Benjamin Stora de travailler sur la mémoire de la colonisation et de la Guerre d’Algérie dans un « esprit de vérité et de réconciliation pour que nos deux pays regardent ensemble vers l’avenir », estimant qu' »un regard lucide et apaisé sur leur passé est indispensable ».

Il a même évoqué le référendum sur la révision de la Constitution, prévu le 1er novembre prochain. Il a indiqué que « la France souhaite succès et prospérité à ce pays ami dans le plein respect de sa souveraineté ».

« L’Algérie est à la veille d’une étape importante qui va amener le peuple algérien à se prononcer le 1er novembre sur le projet de révision de la Constitution », a-t-il ajouté, relevant que le Président Tebboune a affiché « ses intentions de réformes des institutions pour renforcer la gouvernance, l’équilibre des pouvoirs et les libertés ».

« Il appartient aux Algériens et à eux seuls de traduire les aspirations qui se sont exprimées avec civisme et dignité en une vision politique aves des institutions aptes à la concrétiser », a-t-il dit.

S’agissant des enjeux économiques dans la coopération bilatérale, M. Le Drian a indiqué que « les entreprises françaises implantées en Algérie sont nombreuses et contribuent au dynamisme de l’économie et à la création d’emploi », saluant aussi les réformes initiées par le Président Tebboune afin de « diversifier l’économie algérienne, d’assouplir les procédures et d’accompagner les entreprises innovantes ».

« Nous saluons cette volonté et notre dialogue reste important afin que les entreprises françaises trouvent toute leur place dans le cadre de ces réformes et continuent de contribuer à la prospérité de l’Algérie ».

Il a également considéré l’Algérie comme «un partenaire incontournable pour la France » dans le règlement des crises régionales.

Amir Hani