DIA | Les anecdotes du procès d’anciens responsables et d’hommes d’affaires
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Les anecdotes du procès d’anciens responsables et d’hommes d’affaires

DIA-04 décembre 2019: Le premier jour du procès d’anciens responsables et d’hommes d’affaires accusés dans des affaires de corruption a été marqué par des faits et anecdotes que l’on peut tenter de qualifier de tragi-comiques. Il faut relever que plusieurs chaînes TV privées ont tenté de retransmettre en direct  ce qui est appelé «le procès du siècle».

Ces chaînes ont recouru aux moyens de bord, notamment les Smartphone pour filmer des images inédites d’Ouyahia, Sellal et Yousfi en train de répondre au juge alors que les Algériens ont pour habitude de les voir discourir !

Zaalane enfonce les hommes d’affaires

L’ancien ministre des Transports et directeur de campagne de Abdelaziz Bouteflika pour le 5e mandat avorté, Abdelghani Zaâlane, n’a pas hésité à dévoiler tous les hommes d’affaires qui ont financé la campagne électorale du 5e mandat.

Il a ainsi cité la famille Benhamadi qui est à la tête du groupe Condor, le patron de Kia Motor Algerie, Hassan Larbaou, le patron d’IVAL, Mohamed Bairi et surtout le patron du Groupe Bellat. Ce dernier finançait en cachette la campagne de Bouteflika. Plusieurs hommes d’affaires ignoraient que Bellat était proche de la famille Bouteflika, notamment le frère du président, Said Bouteflika actuellement en détention.

Ouyahia confiant, Sellal souriant, Haddad et Yousfi éprouvés

Les  quelques citoyens privilégiés qui ont pu accéder à la salle d’audience où se déroulait le procès, ont pu voir de près les anciens dirigeants du pays comparaître devant la justice. Ainsi, Ahmed Ouyahia a tenté de se montrer confiant en répondant avec une grande aisance au procureur de la République. Le verbe facile, l’ancien Premier ministre est connu pour sa force de persuasion, même quand il développe un discours truffé de langue de bois.

Sellal a tenté aussi de rester égal à lui-même avec un sourire omniprésent. Toutefois, il s’agit d’un sourire trompeur dans la mesure où Sellal est paru fatigué et paniquait dans ses réponses.  Ali Haddad et Youcef Yousfi étaient vraiment accablés et éprouvés. Ils avaient du mal à s’exprimer tellement ils étaient déprimés.

Il faut aussi relever que tous les accusés ont perdu du poids, alors que d’autres ont pris soudainement un coup de vieux. Dure la vie en prison !

Présence discrète des membres des familles des accusés

Parmi l’assistance, on pouvait aussi apercevoir les membres des familles des accusés. Visiblement choqués de voir leur père, frère ou époux dans le box des accusés, ils étaient restés silencieux durant toute l’audience. Certains d’entre eux ont été trahis par leurs larmes, sachant que les citoyens présents se réjouissaient de voir tous ces anciens dirigeants humiliés devant le juge.

Anarchie dans la salle d’audience et au tribunal

Le procès du siècle a été aussi marqué par une anarchie indescriptible. La salle d’audience étant exigüe, il était difficile d’y accéder ou de se procurer une place. Les bousculades et les coups de coude et même les coups de pied ont fait partie du jeu pour ainsi dire, ce qui a empêché même des avocats de la défense d’accéder à la salle d’audience.

La presse malmenée par la sécurité et les citoyens

Les journalistes de la presse nationale ont passé une journée noire en ce premier jour du procès. Bien qu’ils soient accrédités, ils étaient malmenés par les services de sécurité à l’intérieur du tribunal.

Dehors, les journalistes ont été pris à partie par des citoyens. Ils ont entendu des vertes et des pas mûres et ont été traités de «chyatine». Des citoyens ont notamment reproché aux médias et journalistes de ne pas couvrir les marches du vendredi.

Le yaourt présent en force

Plusieurs citoyens ont manifesté leur colère ou leur joie devant le tribunal en brandissant des pots de yaourt de différentes marques. Ils scandaient : «Ouyahia,  le peuple prend du yaourt»,  scandaient-ils en réplique à la déclaration d’Ouyahia quand il était Premier ministre. Il avait déclaré que «le peuple n’était pas dans l’obligation de prendre du yaourt», c’est-à-dire que c’est un produit de luxe et que les Algériens devaient serrer la ceinture !

Le tribunal de Sidi M’hamed (Alger) avait entamé ce mercredi le procès d’anciens responsables et d’hommes d’affaires accusés dans des affaires de corruption. Ces responsables dont les deux anciens premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que d’anciens ministres et hommes d’affaires, sont poursuivis pour « dilapidation de deniers publics, abus de fonction et octroi d’indus avantages à autrui », notamment dans l’affaire relative au montage de véhicules.

Amir Hani