L’Islam et la campagne électorale française  - DIA
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L’Islam et la campagne électorale française 

DIA-SAIDA

Par Saida Temam

DIA-22 septembre 2016: Le climat politique français est à l’heure de la rhétorique romaine[i]. Des phrases chocs, des « vérités » fusent.  Il faut attirer le chaland, convaincre l’électeur et  faire montre de « sincérité » pour mettre en branle la machine Républicaine. Eh oui ! Mener campagne ne s’improvise pas ! C’est une activité qui exige d’orchestrer de nombreux savoir-faire et de déployer une intelligence du contexte. Ceci d’autant plus que le contexte prête à confusion et nécessite de trouver des solutions à des questions sociales et religieuses. Une longue succession d’attentats perpétrés par des musulmans extrémistes, des centaines de morts à cause de cette religion : un raccourci négatif sur les musulmans  pourrait facilement traverser les esprits et c’est presque compréhensible. Des esprits tentés effectivement de stigmatiser toute une frange de la population, c’est pourquoi le contexte est important voire déterminant pour ces élections 2017 et chacun tente d’actionner le levier de la victoire.

Je prête une oreille à quelques candidats qui font campagne afin de voir lequel d’entre eux me semble le plus clairvoyant, lucide et rassembleur dans ce contexte de confusion et de terreur. De Sarkozy à Fillon, en passant par Macron, Valls et les deux extrêmes représentés par Marine Le Pen et Jean Luc Mélenchon, je ferai un tour d’horizon synthétique des visons et propositions concrètes qui sont faites en ce qui concerne l’Islam. Certains tablent sur le vivre ensemble et le consensus tandis que d’autres optent pour la fermeté, le contrôle, l’encadrement et le rejet.

Les Républicains et le Front National surfent sur le choc des civilisations !

Les assimilationnistes se disputent la place

Dimanche 4 septembre, c’est le discours de Nicolas Sarkozy à la Baule !  Il rappelle avec fermeté que l’Islam se pratiquera à la mode de chez nous, c’est-à-dire qu’il aura son label « made in France » délivré suite au respect des nombreuses exigences qui lui seront exigées. La fermeté est de mise ! Pas de foulard à l’Université, pas de Burkini pour permettre légalité homme-femme, pas d’horaires spéciaux pour la piscine, pas de repas de substitution. Ce sont des exigences qui, au final, pourraient toucher toutes les religions. Il n’y aurait donc plus de bonne sœur sur les plages, plus de liberté dans les Universités censées former des esprits libres et plus d’enfants juifs et musulmans qui pourraient manger à la cantine.  Le positionnement de Sarkozy est très clair à ce sujet : je prends des décisions que le gouvernement actuel est incapable d’appliquer, aussi aberrantes soient-elles ! Une technique simple et efficace qui lui a permis de remporter les élections de 2007. Il a compris le besoin des français d’avoir un capitaine qui sait trancher dans le vif. Au-delà même du rôle de capitaine, il apparait comme le meneur d’une Croisade du 21ème siècle. Comme le constate Nicolas Bourgoin[ii] dont je partage le point de vue, la France est entrée depuis un peu plus de 10 ans, dans cette idéologie du choc des civilisations entretenue par une partie des élites politiques. Cela s’observe notamment dans les déclarations décomplexées de nombreux élus (pas forcément des franges les plus extrémistes) osant parler de « grands remplacements » (Robert Ménard) ou tentant de remettre les choses en place en rappelant ce qu’est un européen « un blanc et un chrétien ». Nadine Morano osant même clamer sur les ondes radiophoniques qu’«  il faut stopper l’invasion massive arabo-musulmane qui menace le pays ». Exit les autres propos, tout aussi choquants, inopportuns, tenus par des gens qui ont désormais une tribune.  J’ai pour exemple les propos de l’élu Christian Estrosi qui déclare que la « France est en guerre contre l’Islam » ou ceux de Claude Guéant prétendant que « toutes les civilisations ne se valent pas ». On ne pourra pas me convaincre qu’il ne connait pas le poids des mots lorsqu’il parle de lutter contre l’Islam et  non plus contre le terrorisme islamique. Ces discours outrageants, rétrogrades n’auraient jamais été clamés de façon aussi décontractée, auparavant. « Dans le sillage de la guerre contre le terrorisme, la nouvelle laïcité a fait de l’Islam une menace non seulement pour les institutions républicaines mais pour la civilisation judéo-chrétienne elle-même » (Bourgoin). Les Républicains comme le Front National sont au coude à coude sur ce terrain de la menace de l’Islam. Les premiers marchant sur les plates bandes des deuxièmes, créant ainsi la surenchère des propos les plus anti-musulmans. Christine Tassin, représentante de l’association Resistance Républicaine, clame haut et fort son islamophobie. Cette professeure de Lettres, n’a pas lésiné sur le choix des mots pour lesquels elle fut condamnée, en 2013, à payer une amende de trois mille euros. Trois milles euros pour incitation à la haine raciale, trois milles euros, peut-être, pour l’emploi volontaire d’un lexique « guerrier« . Ainsi pour regagner du terrain, l’extrême droite joue la surenchère. Comment pourrait-il en être autrement quand beaucoup d’autres jouent sur le terrain qui lui était réservé ?

On pourrait faire une moue dubitative et presque sourire en entendant ces propos et en observant de plus près le pedigree de ceux qui les profèrent mais on ne peut pas ! Pourquoi ? Parce qu’il est dangereux de dédramatiser ce racisme qui tendra à fragiliser certaines populations et confessions. La seconde étape de la banalisation de la violence verbale, c’est la violence physique et le passage à l’acte qu’elle induit. De simples mots, autant de fois répétés finissent par entrer dans l’inconscient collectif et finissent par s’instituer en vérité.

La voie du consensus avec l’identité heureuse d’Alain Juppé

                  A la décharge de la droite, Alain Juppé sort de ce type de discours et s’oppose frontalement à ses adversaires sur la question du voile et de l’assimilation. La voix de la raison exhorte à plus de sagesse et de mesure afin de ne pas tomber dans l’extrémisme et la stigmatisation d’une population, dont le poids électoral peut faire la différence dans les urnes. La position choisie par Alain Juppé peut rapporter ! A priori, ce que l’on attend du chef de l’Etat, c’est des solutions et la capacité de représenter et d’entendre toutes les communautés d’une même nation. La condition sinéquanone mise en avant par beaucoup de candidats de la droite, c’est l’assimilation culturelle de la communauté  musulmane, au nom de la laïcité.  Une laïcité castratrice redéfinie et orientée en 2003 par le clan de Droite[iii]. Pour A. Juppé « l’idée d’assimiler les gens, d’effacer les origines, de couper les racines n’a pas de sens, ni sur le plan moral ni sur le plan humain ni sur le plan du réalisme » [iv]. Il récuse l’orientation, suivie par sa famille politique, visant à effacer les individualismes sociétaux et culturels. A la place, Juppé propose un concept encore méconnu dans le paysage médiatique, celui de « l’identité heureuse ». Tout un programme porteur d’espoir faisant un pied de nez à Sarkozy et au Front National qui mise sur la peur de la perte de l’identité nationale.

L’adjectif « heureux » donne le ton de la campagne de Juppé qui gage sur bien être, l’ouverture et le besoin des français de voir le verre à moitié plein et non à moitié vide. Ceci est d’ailleurs vérifiée puisque les sondages le classent favori des primaires. Je pense que Juppé a beaucoup appris de son exil canadien après le scandale des affaires du RPR de Chirac. Il sort des ornières auxquelles nous ont habitué les politiques français et propose de construire l’avenir de la France black blanc beur, loin des discours passéistes, anxiogènes et rétrogradent visant à exclure et à isoler. Juppé veut rassembler les cultures, les générations et les classes sociales… un Obama à la française ! Yes, we can  résume très bien son discours consensuel, taxé d’idéaliste par ses adversaires, visant à remonter le moral d’une nation fortement éprouvée. L’économique est le deuxième gros dossier auquel il s’attaque afin de compléter le traitement du bonheur qu’il propose[v]. Sur ce point, il se présente comme un adversaire de poids, au sein de son propre clan, en choisissant de traiter les deux sujets plébiscités par tous les autres candidats. Il risque de fortement en concurrence avec N. Sarkozy qui fait de l’identité son cheval de bataille.

Observons désormais ce qu’il en est du côté de la Gauche…

La Gauche se divise sur la question de l’Islam 

Valls, la Fondation de l’Islam de France et la bataille culturelle identitaire contre la radicalisation

Manuel Valls, véritable pendant gauchiste d’Alain Juppé, appelle à la tolérance et rappelle que « l’Islam a trouvé sa place dans la République (…) contrairement aux attaques répétées des populismes, à droite et à l’extrêmes droite » qui ont mis  cette religion au « cœur de leur rhétorique du bouc émissaire ». Se repositionnant comme membre du gouvernement, il condamne « ce rejet insupportable de l’Islam et des musulmans, ces paroles, ces actes, tout comme les paroles et les actes antisémites, antichrétiens, doivent être combattus avec le plus grande force »[vi].  Le rappel de la place de l’Islam en France pose la nécessité de réglementer, institutionnaliser l’existence de la deuxième religion du pays. Tous les musulmans, des citoyens comme les autres au sein de la République, ne sont pas mis dans le sac du terrorisme : il fait bien la distinction entre l’ensemble de la communauté musulmane, pratiquante et respectueuse des lois de la République et les minorités qui salissent l’Islam.  C’est heureux d’entendre qu’enfin on est capable de séparer le bon grain de l’ivraie. L’une de ses propositions phares est la création d’une fondation de l’Islam visant à démontrer la compatibilité de l’Islam et de la démocratie : vaste programme à la visée noble qui fait suite au plan islam voté suite aux attentats de janvier 2015. Il construira sur les fondements de l’héritage de Nicolas Sarkozy, qui a institutionnalisé l’Islam, tout en y ajoutant, cependant une touche culturelle et intellectuelle. Il faut lutter contre le terrorisme sur le plan des idées et, pour ce faire, le radicalisme n’a pour seul remède, que la culture. L’intervention de grandes personnalités intellectuelles musulmanes va donner corps à cette Fondation pour l’Islam à laquelle on n’a jamais réellement donné les moyens d’exister et d’agir. Sur le terrain culturel, l’Islam de France a laissé place à des prédicateurs fortement financés par l’extérieur et qui, de ce fait, ont imposé et enseigné à la jeunesse musulmane française, la haine de leur pays. Regagner du terrain sur la radicalisation, ne sera possible que si tous les musulmans interviennent dans leur espace de vie et auprès de leurs familles.

Présenté comme cela, tout semble si simple et possible. La grande majorité des musulmans français sont déjà dans cette action pour redorer le blason de leur religion mais rappeler ainsi par Valls qu’ils portent tous la responsabilité des mauvais agissements de certains est presque gênant en soi. Comment être responsable d’actions néfastes que l’on ne cautionne pas ? Par ailleurs, je donnerai l’exemple simple de l’enseignement de l’arabe… à force de ne pas vouloir l’enseigner à l’école, nous ouvrons une brèche par laquelle les prédicateurs et les extrémistes musulmans s’engouffrent. Effectivement un jeune musulman souhaitant apprendre la langue arabe, afin de pouvoir lire le Coran, par exemple, devra passer par eux et sera, ainsi, une proie facilement manipulable et « formatable«  aux mains de ces hommes de l’ombre. Laissons de la place à l’enseignement de l’arabe, sous le giron de l’Education Nationale (ouverte à toutes les langues) et nous minimiserons les dangers de la radicalisation, à défaut de lui laisser un champ d’action.

Macron et la bataille contre la discrimination identitaire  

Le candidat séditieux de la Gauche, fondateur du mouvement En marche  prend le contre pied de Valls.  Considérant qu’il ne faut pas se tromper d’ennemi, il rappelle que c’est DAESH le problème et non l’Islam, en France. Par ailleurs, ayant été Ministre de l’Economie,  il a bien noté les problèmes de discrimination que la population musulmane connait et que certaine interprétation de la laïcité cautionne. « La laïcité ce n’est pas un mot daté, ce n’est pas un mot ringard, elle protège des identités fermées, elle permet de veiller à ce que nul ne soit assigné à résidence par son identité et sa religion« , déclare-t-il. Il se positionne clairement en porte à faux de son concurrent immédiat, Manuel Valls, a qui il damne le pion, en se montrant moins intransigeant et moins régalien vis-à-vis de l’Islam et de la manifestation de ses attributs religieux. La question du port du voile au sein des Universités a été la question qui a clairement départagé les deux hommes. L’un prônant l’interdiction pure et simple et l’autre reconnaissant le droit aux citoyennes de confession musulmane d’être libre de le porter tant qu’elles respectent les règles de la République. Seule condition qui s’impose ! « Je ne crois pas pour ma part qu’il faille inventer de nouveaux textes, de nouvelles lois, de nouvelles normes, pour aller chasser le voile à l’université, pour aller traquer ceux qui lors des sorties scolaires peuvent avoir des signes religieux ». Affirme-t-il.  Emmanuel Macron cible les électeurs déçus par Hollande et Valls, aussi bien au niveau social que politique et,  par ailleurs, essaie de rallier les citoyens d’origine étrangère et de confession musulmane. Ces propos forts compréhensifs, au sujet de la difficulté d’entrer dans le marché du travail des jeunes diplômés issus de l’immigration, rend son discours attrayant. Il le devient encore plus lorsqu’il préconise de « tenir la promesse républicaine, combattre la discrimination. (…)  On a trop promis, on a simplement à montrer, à faire, et peut-être que la jeunesse croira à nouveau… ». Le fond de son slogan, c’est que la radicalisation des jeunes musulmans de France a pour origine (première ou secondaire) bien plus leur problème d’intégration économique que le problème d’intégration socio-culturelle.

Mélenchon, le consensuel à l’écoute de tous et chacun

Depuis son discours du 1er mars 2010 devant la Mutualité, la position de Jean-Luc Mélenchon est clairement démocratique en ce qui concerne l’Islam et toutes les religions. Sa vision de la laïcité tend clairement à ne pas exclure une confession ou une autre mais à maintenir le droit de chacun de pratiquer, en privé, sans que cela n’influe sur les affaires de l’Etat. Je ne peux que vous laisser juger de l’éloquence de ce rhétoricien en vous citant un extrait de ce glorieux discours qui incite à la Raison.

 « Nous qui entendons la grande roue de l’histoire de nouveau faire entendre sa musique, quand les peuples cherchent de tous côtés comment sortir de l’impasse dans lesquelles on veut les enfermer, nous voyons, le mufle de l’ennemi de nouveau, souffler, ses humeurs fétides, regarder quelle est la solution, le problème c’est l’autre, le danger c’est le voisin, celui qui n’a pas la bonne couleur de peau, qui n’a pas la bonne religion ; la religion, la revoilà. Eh bien nous, nous avons un slogan, pas de religion en politique, pas de religion en politique, pas de religion en politique ! La religion est une affaire qui est dans le cœur de certains, et que comme telle nous respectons, mais elle n’a rien à faire dans l’arène politique, misérable qui l’a ramené, misérable qui a inventé des querelles grotesques sur ce qu’on sert dans un restaurant ou pas, comme si la laïcité avait à voir avec le hamburger, la laïcité c’est une institution de l’Etat, ça ne concerne pas les victuailles. Mais nous voyons bien ce qu’on veut faire, c’est faire prendre comme ils l’ont fait avant-guerre de manière infâme et jusqu’au meurtre de masse, contre les juifs, faire la même chose, la figure du bouc émissaire, avec tous ceux qui sont de religion musulmane ou supposés tels. Et ça nous les laïques nous ne le laisserons pas faire.»[vii]

Suite à ce discours, beaucoup lui reprocheront d’avoir choisi l’Islam contre la République. C’est la raison pour laquelle, parmi tant d’autres sûrement, il durcira le ton six ans plus tard. Son positionnement politique est sans détour en ce qui concerne le port du voile qu’il considère comme un objet de convoitise économique[viii]. Pour lui, chacun à le droit de porter ce qu’il veut mais chacun à également le droit de ne pas être d’accord et de le dire. C’est à quelques mots près le même discours qu’en 2010 mais avec plus de diplomatie. La diplomatie se situe désormais dans le fait qu’il tient compte des pro-voiles et des anti-voiles. Il est finalement pour le respect des droits fondamentaux de chacun notamment celui de disposer de soi-même et de son mode de vie tant que cela reste dans la sphère privée. Candidat à la présidentiel de 2017, il a tenté dès 2011 de rassembler les factions afin qu’elles contribuent à l’établissement de « l’avenir en commun », slogan de son programme électoral.

S.T.

[i] Les recommandations du maitre à penser de la politique (Cicéron) dans son célèbre petit manuel de campagne électorale n’a pas pris une ride depuis sa date de publication en 64 avant J-C et continue d’être mis en application par nos politiciens. Il disait jadis que le candidat suit un parcours, en quatre étapes, fondamentale au succès de sa campagne : la professio,  la petitio, l’ambitio, la presentatio

[ii] Nicolas Bourgoin, né à Paris, est démographe, docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et enseignant-chercheur. Il est l’auteur de quatre ouvrages scientifiques : « La révolution sécuritaire (1976-2012) » aux Éditions Champ Social (2013), « La République contre les libertés. Le virage autoritaire de la gauche libérale » (Paris, L’Harmattan, 2015),. Article « les Républicains contre l’Islam »,

[iii] A lire l’article de Nicolas Bourgoin sur ce sujet  « les Républicains contre l’Islam »,  du 17 juin 2015.

[iv] Cité par Laurent de Boissieu, «  les Républicains se divisent sur l’Islam », La Croix, 04/06/2016

[v]Lire l’article d’Alexandre Lemarié, « A Strasbourg, Alain Juppé assume « l’identité heureuse », Le Monde, 13 septembre 2016.

[vi] Propos cités dans http://www.lemonde.fr/religions/article/2016/07/31/manuel-valls-precise-les-contours-du-pacte-qu-il-veut-construire-avec-l-islam-de-france

[vii] Cité par : http://ripostelaique.com/Jean-Luc-Melenchon-a-deliberement.html

[viii] Ceci en référence aux grandes marques qui commercialisent ce vêtement et aux hôtesses de l’Air France à qui l’on impose le port du voile, une fois arrivés à certaines destinations.

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