Macron va reconnaître la responsabilité de la France dans l'assassinat de Maurice Audin - DIA
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Macron va reconnaître la responsabilité de la France dans l’assassinat de Maurice Audin

DIA-13 Septembre 2018: Le président français Emmanuel Macron a décidé qu’il était temps que la France accomplisse un travail de vérité sur l’affaire Audin », a révélé un communiqué relayé par Le Monde. « Il reconnaît, au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile. » Mais Emmanuel Macron va plus loin puisque le texte affirme que si la mort de Maurice Audin a été « le fait de quelques-uns, elle a été rendue possible par un système légalement institué : le système arrestation/détention confié par voies légales aux forces armées ». Il va demander que « toutes les archives de l’État qui concernent les disparus de la guerre d’Algérie puissent être librement consultées » et appelle les témoins des circonstances de la mort de Maurice Audin à se manifester.

C’est la première fois que l’Etat français reconnait l’implication des militaires français dans l’assassinat de Maurice Audin. Jusqu’en 2014, l’État français s’en tient à la version officielle de l’évasion. Cette année-là, souligne France Inter, la publication d’un document sonore posthume relance l’affaire. On y entend le général Paul Aussaresses dire : « On a tué Audin. […] On l’a tué au couteau pour faire croire que c’étaient les Arabes qui l’avaient tué. » François Hollande reconnaît alors pour la première fois qu’« Audin ne s’est pas évadé » et qu’il est « mort durant sa détention ».

En février dernier, deux députés, Cédric Villani (LREM) et Sébastien Jumel (PCF), avaient demandé à Emmanuel Macron « la reconnaissance officielle de l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française » à l’occasion du 86e anniversaire de la naissance du mathématicien communiste. Un appel qu’Emmanuel Macron a entendu puisqu’il s’apprête à reconnaître la responsabilité de l’État. D’après L’Humanité, le président français devrait rendre visite ce jeudi après-midi à Josette Audin et publier un communiqué.

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Pour rappel, le 11 juin 1957, en plein Bataille d’Alger, Maurice Audin est arrêté à son domicile d’Alger par des parachutistes en présence de sa femme et de ses trois enfants. Mathématicien, membre du Parti communiste et militant anticolonialiste, le jeune homme de 25 ans est soupçonné d’héberger des membres de la cellule armée du Parti communiste algérien. Une dizaine de jours après son arrestation, Josette Audin apprend officiellement que son mari se serait évadé lors d’un transfert. Mais le corps de Maurice ne sera jamais retrouvé et, en 1963, son acte de décès est finalement établi. D’après les informations rapportées par plusieurs médias, plus de 60 ans après, l’État pourrait enfin admettre sa responsabilité dans ce qui s’est réellement passé.

Le mathématicien Cédric Villani, qui préside également le jury du prix Maurice Audin, décerné chaque année à un mathématicien français et à un algérien, s’est félicité dans Le Monde : « C’est un soulagement, un moment historique, l’accomplissement d’une démarche qui permet enfin à la France de regarder en face une partie de son histoire. » Même son de cloche du côté du Parti communiste, où le secrétaire national du PCF Pierre Laurent salue « une très belle nouvelle, de grande portée historique. L’occultation de la responsabilité de l’État, le mensonge sur la torture étaient une tache au fronton de la République ». Pour la famille du disparu aussi, cette reconnaissance est importante. Pour Josette Audin et ses enfants Michèle et Pierre, « cette déclaration s’inscrira dans le combat contre la torture comme outil de répression et de terreur partout où elle est pratiquée dans le monde ».

Amir Hani