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Medvedev à l’APS: Le volume des échanges russo-algériens a atteint 4 milliards de dollars

DIA-09 octobre 2017: A la veille de sa visite en Algérie, le Premier ministre russe Dmitry Medvedev a accordé une interview à l’agence de presse algérienne APS dont voici le texte intégral :

Question 1. Vous vous rendez lundi 9 octobre en Algérie pour une visite de travail. Quelles sont les raisons de cette visite et pourquoi est-elle importante pour la Russie?

Réponse : L’Algérie joue un rôle important en Afrique du Nord. Elle est l’un des États-clés de cette région stratégique. Qui plus est, Alger est un partenaire très fiable et ouvert à la coopération dans beaucoup de domaines, ce qui est particulièrement important pour la Russie. Je suis ravi de la possibilité de revoir votre pays, que j’ai visité pour la dernière fois il y a sept ans.

En avril 2001, nos pays ont signé la Déclaration de partenariat stratégique qui a donné une nouvelle impulsion aux relations bilatérales. Aujourd’hui, quand on analyse les 15 années qui se sont écoulées depuis, je peux dire avec certitude que nos pays coopèrent avec succès dans de nombreux secteurs, de l’énergie à la politique internationale.

Le partenariat entre la Russie et l’Algérie a commencé il y a plusieurs décennies. Il y a 60 ans, votre terre faisait face à la lutte libératrice contre la domination coloniale. Les soldats de l’armée algérienne combattaient un adversaire puissant qui était plus fort qu’eux dans tous les sens: d’un point de vue militaire, technologique et géopolitique. Les Algériens ont pourtant défendu leur droit de mener une vie libre et de construire leur État indépendant. Le droit à leurs rêves.

Cette aspiration à l’indépendance et la volonté de réussir rapprochent nos peuples. Il est donc peu étonnant que notre pays lui ait tendu sa main à cette époque difficile.

L’Union soviétique a été le premier État au monde à reconnaître l’indépendance algérienne et à soutenir la jeune république. Nous l’avons aidée par les experts militaires et le matériel. Dès le début des années 1960, l’URSS a offert à l’Algérie des crédits d’État importants pour son développement économique. Les ingénieurs soviétiques ont aidé à reconstruire l’infrastructure algérienne. On a construit les entreprises métallurgiques d’Al-Hajar et d’Annaba, la centrale thermique de Jijel, le gazoduc Alrar-Tin Fuye-Hassi Messaoud, les barrages de Beni-Zid et de Tilesdit.

L’Algérie nouvelle avait certainement besoin de nouveaux cadres. Nous avons aidé à créer quatre universités. Nous avons construit et élargi 40 centres professionnels d’études. Des milliers d’étudiants algériens ont fait leurs études dans des universités soviétiques.

Aujourd’hui, près de 20 000 diplômés de nos établissements d’enseignement supérieur travaillent en Algérie. Malheureusement, la chute de l’URSS a mis fin à de nombreux projets ambitieux. Nous rattrapons actuellement ce retard.

Je suis certain que ma visite en Algérie servira à renforcer davantage l’amitié et le partenariat mutuellement avantageux entre la Russie et l’Algérie. Nous envisageons de signer plusieurs accords de partenariat dans différents domaines.

Question 2. La Russie et l’Algérie sont traditionnellement liées par une coopération étroite, mais l’état actuel de leurs rapports économiques n’est pas la hauteur des attentes. Qu’est-ce que la Russie compte entreprendre dans ce domaine?

Réponse : Depuis des années, l’Algérie fait partie des partenaires commerciaux et économiques principaux de la Russie en Afrique et dans le monde arabe. Le volume des échanges russo-algériens a doublé l’année dernière pour atteindre près de 4 milliards de dollars en valeur monétaire.

C’est déjà assez bien, mais il nous faut progresser davantage. Nous avons la possibilité d’augmenter considérablement ce volume dans les années à venir grâce à de nouveaux secteurs de travail que nous examinons activement aujourd’hui. L’industrie est l’un des domaines les plus importants de partenariat.

De grandes entreprises russes – Power Machines ou Gazprom – travaillent avec succès en Algérie dans des secteurs aussi importants que l’électricité et la prospection géologique. L’usine russe de production d’automobiles Renault livre en Algérie les carrosseries pour l’assemblage final.

Cette année, le plan de livraisons comprend 18 000 unités, dont la moitié a déjà été expédiée. On prévoit d’élargir ces liens dans le futur avec d’autres composants automobiles. Nous sommes bien sûr prêts à exporter des produits industriels finis, notamment des aéronefs civils, des automobiles, des équipements agricoles et ferroviaires, ou encore des machines-outils.

Nous coopérons activement dans le domaine énergétique. Plusieurs projets rencontrent un vrai succès dans le secteur pétrogazier. La Russie et l’Algérie sont des exportateurs importants de gaz vers l’Europe. Ce fait nous aide à coopérer de manière concertée au sein des plates-formes internationales telles que le Forum des pays exportateurs de gaz ou l’OPEP, s’il s’agit du pétrole.

 La Russie apprécie grandement ce dialogue et les possibilités de trouver des compromis. On a créé une base juridique solide pour la coopération dans le secteur énergétique nucléaire. Si l’Algérie décidait de créer une industrie nucléaire nationale, nous serions prêts à offrir nos technologies et nos solutions techniques. Actuellement, la Russie forme déjà pour l’Algérie des experts du secteur nucléaire. Nous sommes également prêts à étudier des projets concernant la production d’électricité +propre+ par les installations éoliennes ou solaires.

L’industrie agroalimentaire semble, elle aussi, très prometteuse. Comme on le sait, l’Algérie achète annuellement des volumes considérables de céréales, dont la Russie est le premier exportateur au monde. Il est donc évident que nos deux pays peuvent être utiles l’un à l’autre. Une coopération plus active dans ce domaine pourrait avoir une influence positive sur notre balance commerciale.

Nous évoquons en détail la coopération dans d’autres domaines. Il s’agit de l’extraction de ressources, du transport maritime et fluvial, des hautes technologies et de l’espace, du bâtiment et de la pharmaceutique. C’est pourquoi nous pouvons affirmer avec certitude que la coopération économique russo-algérienne se développera dans les années à venir.

Question 3. L’Algérie a très récemment accueilli la 8e réunion de la Commission intergouvernementale russo-algérienne, suivie du Forum d’affaires russo-algérien. Quelles sont vos estimations du bilan de ces deux événements importants? Peut-on dire qu’ils favoriseront la diversification de la coopération bilatérale pour qu’elle ne se limite plus au secteur énergétique?

Réponse : Vous avez absolument raison: l’énergie joue un rôle particulier dans nos rapports bilatéraux. De nombreuses entreprises russes se chargent de la prospection et de l’extraction d’hydrocarbures sur le territoire algérien, participent à la construction et à la reconstruction d’oléoducs, de gazoducs et d’autres sites d’infrastructure.

En ce qui concerne les perspectives de coopération, elles dépendent des deux parties. Je suis certain que nos pays ont le même intérêt à développer leur partenariat dans les autres domaines. Nous en avons les possibilités. Le rôle-clé dans ce travail revient à la Commission intergouvernementale mixte russo- algérienne de coopération commerciale, économique, scientifique et technique.

Il s’agit d’un mécanisme bien réglé et pratique de coopération dans tous les secteurs, notamment économique et humain. La commission bilatérale réunit régulièrement des groupes de travail consacrés à des domaines très différents. Sa 8e réunion, que vous avez mentionnée, a eu lieu en septembre et s’est avérée très fructueuse.

Nous avons tracé des projets de coopération dans les domaines de l’industrie, des transports, du bâtiment, de la géologie, de l’agriculture, de la santé publique, de la science, de l’espace et de l’informatique. Ainsi, nous ne nous limitons pas strictement à l’énergie.

Nos partenaires algériens travaillent actuellement à transformer leur pays en centre industriel et énergétique régional de l’Afrique du Nord. Lors de la réunion de septembre de la commission, ils ont encore une fois confirmé qu’ils comptaient sur l’aide russe dans la mise en œuvre de ces projets.

Nous offrirons évidemment notre soutien à l’Algérie. Les entreprises russes sont prêtes à prendre part aux projets conjoints. Le Forum d’affaires russo- algérien favorise également ce processus. Je suis ravi de constater le développement du dialogue entre les entrepreneurs, parallèlement à l’évolution des contacts gouvernementaux. Au niveau des milieux d’affaires, il existe le Conseil d’affaires russo-arabe et le Conseil d’affaires russo-algérien.

L’Algérie accueille annuellement, sous l’égide de ces deux conseils, des expositions permettant aux entreprises russes de présenter leurs produits et services. Des délégations importantes d’hommes d’affaires algériens ont visité deux fois Moscou l’année dernière.

Nous avons organisé en février le forum économique Russie-Algérie: un partenariat stratégique. De nouvelles possibilités pour la coopération commerciale et économique. Un autre forum (Russie-Algérie: un partenariat stratégique efficace) a eu lieu en avril 2016.

La tradition d’organiser des forums d’affaires a été poursuivie cette année, juste après la 8e réunion de la commission intergouvernementale bilatérale. Des représentants de grandes entreprises russes telles que Gazprom, Transneft, Novatek, Inter RAO – Engineering, Ouralvagonzavod et beaucoup d’autres se sont rendus en Algérie avec une mission d’affaires.

Un accent particulier a été mis sur l’élargissement de la coopération dans le domaine des investissements. Les forums de ce genre contribuent à renforcer les liens entre les milieux d’affaires et posent les fondations de nouveaux projets conjoints, ce qui approfondi naturellement notre coopération.

Les gouvernements des deux pays doivent créer les conditions les plus confortables possibles pour les entrepreneurs afin qu’ils puissent profiter au maximum de ces opportunités. Je suis certain que l’Algérie partage cette approche.

Question 4. D’un point de vue politique, la Russie et l’Algérie ont des positions très similaires sur certaines questions d’actualité internationale. Les deux pays se prononcent pour le règlement politique des conflits, le dialogue, la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États et le respect de la Charte de l’Onu. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse : Comme vous l’avez justement remarqué, nos États partagent des positions similaires sur de nombreux problèmes de l’époque actuelle. Nous nous prononçons pour le renforcement du rôle central de l’Onu et de son

Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité, pour la multipolarité. Nous sommes solidaires dans l’affirmation que les conflits régionaux doivent être résolus par les moyens diplomatiques sur la base de la Charte de l’Onu et du principe de primauté du droit international.

La Russie et l’Algérie ont des positions très proches sur le fait que les peuples de toutes les régions peuvent et doivent décider eux-mêmes de leur sort, résoudre eux-mêmes leurs problèmes intérieurs de manière pacifique, sans violence, par le dialogue et en s’appuyant sur le droit.

Aucune ingérence extérieure n’est ici acceptable. C’est le seul moyen de résoudre les conflits en Syrie, en Libye, au Yémen et au Mali. C’est le seul moyen de libérer les populations des tragédies et des guerres, de leur offrir une chance de vivre une vie normale, calme et surtout paisible.

Je voudrais noter particulièrement la proximité de nos approches des menaces telles que le terrorisme et le crime organisé transnational. Nous comprenons que la dissémination du terrorisme est aujourd’hui un défi réellement global, auquel on ne peut faire face qu’ensemble, de manière concertée et en réunissant toutes les forces possibles.

Et en s’appuyant, encore une fois, sur le droit international. Tous les États doivent mettre de côté leurs ambitions et divergences pour se réunir au nom de la défaite de l’État islamique et des autres groupes extrémistes qui ont, sans aucune exagération, lancé un défi à la civilisation humaine.

Nous voudrions élargir notre coopération avec l’Algérie dans ces domaines. Nous poursuivrons la concertation régulière de nos positions sur les questions de politique étrangère, notamment sur la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ainsi que dans la zone du Sahara- Sahel.

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