DIA | Politique d’immigration : Quand la France veut calquer le modèle canadien
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Politique d’immigration : Quand la France veut calquer le modèle canadien

DIA-06 novembre 2019: Le Premier ministre français Edouard Philippe a confirmé, ce mercredi 6 novembre, la mise en place de quotas pour une immigration économique légale mais sélective. Le pays manque de certains professionnels. 150 000 emplois seraient vacants en France.  
Le chef du gouvernement français a annoncé, ce mercredi 6 novembre, 20 nouvelles mesures destinées à changer la politique migratoire du pays. Et un terme agite les paysages médiatique et politique, celui de « quota ». L’idée serait de fixer un nombre d’autorisations temporaires de travail pour les secteurs d’activité en tension, c’est-à-dire en manque de main d’œuvre.

Pour l’instant les responsables français ne savent pas exactement quelle sera la limite numérique de ces quotas. On parle de 20 000 ou 50 000 personnes. La ministre française des Affaires sociales, Muriel Pénicaud a avancé le chiffre de 30 000 cas mais rien n’est encore officiel » 

Chaque année 33 000 titres de séjour sont délivrés sur un peu plus de 250 000 personnes qui migrent légalement en France.

Traditionnellement l’immigration légale en France est humanitaire, familiale et économique. Selon les chiffres de l’OCDE, la France a accueilli légalement 259 000 personnes en 2018. Un peu plus de 33 000 titres de séjour ont été accordés pour des raisons économiques. Sur ces 33 000 titres de séjour : 10 000 concernent des régularisations de personnes travaillant depuis longtemps en France ; 15000 sont des immigrés économiques qui obtiennent des papiers après en avoir fait la demande ; enfin 8000 personnes obtiennent les « passeports talents », une procédure mise en place en 2008 par la France pour attirer des gens très qualifié.

Loin du modèle canadien

La ministre française des Affaires sociales, Muriel Pénicaud, évoque du modèle canadien, celui d’une immigration choisie en fonction des besoins économiques du pays.

En 2018, sur 320 000 migrants légaux, le Canada a accueilli un peu plus de 180 000 migrants économiques. La France annonce le chiffre de 30 000 pour de futurs quotas.

Plus de 55% des migrants légaux sont des migrants économiques au Canada contre 11% pour la France. Plus de 55% des migrants légaux sont des migrants économiques au Canada contre 11% pour la France.

Selon le chercheur de l’OCDE, Jean-Christophe Dumont, la comparaison reste loin d’être pertinente. « La France entend mettre en place des quotas, des limites numériques aux autorisations temporaires de travail. Le Canada n’a pas de quotas sur l’immigration économique temporaire. Les seuils ou les quotas concernent surtout les migrants désireux de s’installer sur une longue durée au Canada. Le pays n’utilise pas de quotas pour les autorisations temporaires de travail car il a mis en place des instruments capables de connaître les besoins de manière plus précise qu’en France. Si un secteur n’a plus besoin de main d’oeuvre extérieure, les permis de travail temporaires ne sont pas renouvelés ».