Pressions sur l'ENTV: double traitement médiatique des marches contre le 5e mandat (Vidéo) - DIA
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Pressions sur l’ENTV: double traitement médiatique des marches contre le 5e mandat (Vidéo)

DIA-05 mars 2019: Le JT de 20 de l’Entv reste toujours la grande messe du paysage audiovisuel algérien. Hier la télévision publique a surpris tous les observateurs et les médias en diffusant pour la première fois de son histoire un reportage critiquant le pouvoir. Pour la première fois de son histoire la présentatrice du JT Amina Nadir parle de hirak. Pour la première fois on laisse passer les messages critiques à l’égard du pouvoir et on pouvait même entendre le fameux slogan révolutionnaire « Le peuple veut  faire tomber le pouvoir » (Echaab yourid eskat ennidham). Quand l’Entv veut faire dans le reportage de qualité, elle met les moyens. Avec le commentaire captivant de Djilali Amari, le sujet de l’ENTV, donne pour la première fois la parole aux manifestants. On pouvait alors entendre des citoyens crier « A bas le système, à bas le clan pourri ». Dans un autre passage, on pouvait également entendre « Tous des voleurs ». Jamais la télévision publique n’aurait autorisé la diffusion de ce genre de sonore et encore moins une image du numéro 5 (symbolisant le cinquième mandat) barré avec du rouge. Qui a donné l’instruction d’ouvrir le champ médiatique ? qui a autorisé cette ouverture de traitement ? Est ce la fin de la censure à l’ENTV? 

A la télévision publique, ni le directeur de l’info, ni le directeur de A3 et encore moins celui de Canal Algérie, ne peuvent prendre cette décision éditoriale. Seul le DG de l’Entv Tewfik Khelladi a le pouvoir de commander cette ouverture. Cette décision est également prise sur instruction de trois pools différents et puissants: La Présidence, le Premier ministère et le MDN. En octobre dernier, le directeur de l’info Nadir Boukabès a sauté suite à un « ordre » du MDN. Même le DG de l’ENTV et un ministre influent n’avaient rien pu faire pour sauver le directeur de l’Info. 

Au 21 boulevard des martyrs, c’est le DG de l’ENTV lui même qui visionne à 18h les sujets préparés pour les JT de 19h de Canal Algérie et celui de 20h de A3. C’est d’ailleurs sur ce dernier JT que sont réservés les grandes annonces capitales du pays. 

Depuis le début des manifestations le 22 février les deux principaux présentateurs du JT Ahmed Khalfaoui et Amina Nadir subissent des pressions énormes pour faire passer les messages qui changent parfois toutes les demi-heures. Ces derniers n’avaient d’ailleurs pas participé aux manifestations des journalistes de l’ENTV le 27 février. (Une première au 21 Boulevard des martyrs). 

Si l’ENTV a zappé les manifestations du 22 février, elle s’est rattrapée le vendredi suivant, 1er mars, mais sans diffuser de slogans ou des messages hostiles au 5e mandat. Entre-temps, Adel Slakdji le directeur de l’information a sauté le 23 février, car il n’a pas diffusé les images des manifestations du 22 février et le 4 mars la présentatrice de Canal Algérie démissionne suite à un cafouillage sur un sujet sur Ali Ghediri.   

Cette pression vécue à l’ENTV s’est fait sentir sur les visages des deux présentateurs vedettes de l’Ex Unique qui ont du mal à cacher leur peine sur la situation politique du pays. 

Mais contrairement à Canal Algérie, les deux présentateurs du JT ne sont pas prêts de démissionner de leurs postes pour manifester leur désaccord avec la politique éditoriale de leur chaîne. Le JT de 20h de A3 demeure la messe qui réunit des millions de téléspectateurs. 

Même si l’ENTV a diffusé le 4 mars un reportage décrivant parfaitement l’ambiance de la rue et la contestation populaire de la manifestation , la télévision gouvernementale a en revanche zappé totalement les manifestations des étudiants et des lycéens du 5 mars. L’ENTV ne s’est pas totalement libérée de la censure et a préféré traiter les marches selon leurs degrés d’importance. « On ne va pas montrer toutes les manifestations! » a commenté un responsable de la télévision publique, prétextant que la télévision publique a un impact important sur la conscience des algériens. 

Devant un paysage audiovisuel anarchique, marqué par un manque de crédibilité de certaines chaînes privées,  l’ENTV garde sa ligne bien droite, tracée par le pouvoir qui cherche à garder un traitement équilibré dans la gestion de la contestation populaire.  

Symbole de cette « ouverture médiatique de façade » de l’ENTV c’est l’absence d’émissions de débat sur la situation politique très critique du pays. Comble de l’ironie, c’est l’ex DG de l’Entv Hamraoui Habib Chawki qui se présente comme le seul porte-parole du candidat Bouteflika sur les plateaux …….d’Ennahar Tv et d’Echourouk News. 

Amel Bouchaib 

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