Razzia, le film marocain évoque la question politique de l'Amazighité (Vidéo) - DIA
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Razzia, le film marocain évoque la question politique de l’Amazighité (Vidéo)

DIA-15 février 2018: Après le sulfureux «Much Loved», Nabil Ayouch revient avec « Razzia », un film aussi fort, qui évoque les libertés individuelles et l’importance de l’éducation dans un Maroc en proie à l’extrémisme islamiste. Le film produit par le Maroc, la France et la Belgique évoque également pour la première fois la question de l’Amazighité et sa censure dans l’école marocaine. 

Comme le film algérien de Karim Moussaoui, « En attendant les hirondelles » film-slalom à travers cinq histoires différentes et cinq personnages perdus, certains résignés et d’autres révoltés, sur fonds de contestations, de voitures brûlées, et de colère. 

Le film parle aussi du rejet de l’homosexualité, d’intolérance face aux religions, d’injustice sociale, de la situation de la femme dans la société et sa place dans l’espace public, du dictat de l’arabisation. 

À travers des vies croisées, le film dresse le portrait d’une société défigurée à l’image de la prostituée qui refuse un client, Joseph, lorsqu’elle découvre qu’il est juif. Une société qui se cherche et qui a perdu au fil des années la signification du mot : différent. La place des femmes est toujours aussi présente à travers Salima -incarnée par Maryam Touzani- (La femme du réalisateur et co-scénariste du film), qui relève sa robe de quelques centimètres lorsqu’elle se fait insulter par un barbu dans la rue. 

« C’est bien pour un peuple de se réapproprier une identité, mais quand on change un système éducatif de tout un pays, on engage le destin d’une nation, donc, il faut faire attention, estime le réalisateur.L’identité marocaine ne vient pas du Moyen Orient, elle vient des Amazighs, des Arabes, des Juifs, des Chrétiens, des Africains subsahariens, … cette identité qui nous définit, on l’a perdue en cours de route pour aller vers un schéma de société qui exclut le rêve, la capacité de se projeter, la différence, l’autre et qui crée une forme de ressentiment voire de haine qui peut se transformer en violence si jamais on n’agit pas ! » 

Présenté au festival de Toronto en août dernier, le film qui a fait l’ouverture du 39e Cinémed de Montpellier sort en salles le 14 février et sera également distribué en Europe et en Égypte. 

Salim Bey