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Smaïl Chergui (président de la CPS de l’UA): « L’approche de l’UA pour le devenir du Continent est globale… »

DIA-17 mai 2017:

Le président de la Commission Paix et Sécurité de l’Union Africaine a animé, ce matin, au siège du Conseil de la nation, une importante conférence dont le thème cadre parfaitement avec la conjoncture, difficile par moult de ses aspects, que traverse le continent africain. Smaïl Chergui, qui a été réélu à ce poste lors du dernier sommet de l’UA tenu, au début de l’année en cours, à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, a parlé « de la situation de la paix et de la sécurité en Afrique ». Dès l’entame de sa conférence, le diplomate algérien a averti que les problèmes auxquels l’Afrique est confrontée et les défis qu’elle doit relever pour les résoudre et, partant, pour s’engager pleinement sur la voie du développement impose à l’Union Africaine une approche globale pour atteindre les objectifs pour lesquels elle a été créée. Une voie imposée, a-t-il expliqué, tout à la fois, par la multiplicité et la complexité de ces problèmes et par ce qu’il a appelé « l’égoïsme occidental ». Un « égoïsme » qui pousse l’Europe et les Etats-Unis à n’agir que pour défendre leurs intérêts étroits et pour perpétuer leur domination sur le Continent. Pour mieux mettre en exergue cet « égoïsme occidental », le président de la CPS de l’UA a pris comme exemple l’attitude  de l’UE dans la question de l’immigration illégale. Et ce, pour mettre en parallèle, non sans rappeler, au passage, sa responsabilité historique dans le déclenchement de ce phénomène, son brutal refus de ne plus accueillir de nouveaux migrants et l’attitude du petit Liban, « un pays de 3 millions d’habitants, qui accueille sur son territoire plus de deuxmillions de réfugiés originaires des pays voisins dévastés par la guerre ». Comme pour mieux souligner l’incongruité d’une telle situation et l’hypocrisie et la duplicité occidentales, il a tenu à rappeler que « depuis l’apparition du phénomène, l’Europe a accueilli moins d’un million de réfugiés sur son territoire ». De là son insistance à ce que l’Afrique « ne compte que sur elle-même pour résoudre ses problèmes ». Surtout qu’ils sont particulièrement nombreux et de différents ordres. Comme le révèle, d’ailleurs, la longue énumération qu’il en a faite. Outre les conflits armés et le fléau terroriste qui menace l’intégrité territoriale et la pérennité de nombre d’Etats du Continent, Smaïl Chergui a cité, entre autres, l’économie criminelle (contrebande, trafic de drogues, d’armes et d’êtres humains), les changements climatiques – « 80% de la population africaine en est affectée », a-t-il révélé -, la grave question de la disponibilité de la ressource hydrique, et la santé. Une énumération qui lui a permis de revenir sur l’approche globale privilégiée par l’UA dans la résolution des problèmes auxquels l’Afrique fait face. Précisant sa pensée concernant ce point précis, il a déclaré que par une telle approche l’UA entend « la paix et la sécurité, la bonne gouvernance, la sécurité alimentaire, le développement économique et la santé ». Une approche qui, selon le président de la CPS, fait quasiment l’unanimité parmi les membres de l’UA. Comme en témoigne, a-t-il ajouté, « la Vision 2063 adoptée par l’UA » qui s’étale sur les 50 prochaines années et dont l’application sera évaluée tous les dix ans ». Sauf que, a ajouté Smaïl Chergui, l’élaboration d’une telle stratégie a pertinemment posé « le problème des moyens de sa concrétisation ». Et d’ajouter: « Une réflexion est actuellement en cours sur ce point qui a poussé certains à proposer à ce que l’UA s’appuie davantage sur les organisations régionales existantes pour concrétiser les objectifs qu’elle s’est fixés ». Cette approche, disons, régionale est d’autant plus recherchée que sur le plan militaire, elle a donné des résultats probants. Selon le président de la CPS de l’UA, « la neutralisation en cours de Boko Haram est le fait du regroupement des forces des pays du Lac Tchad et la libération de 80% du territoire somalien de l’emprise de l’organisation terroriste Shebab, des forces de l’UA ». Dans la lancée, il a révélé que l’organisation panafricaine pense à envoyer « une force africaine au Congo démocratique qui prendrait la relève de la force onusienne (de 20 000 hommes) qui s’y trouve depuis plusieurs années sans pour autant qu’elle ait pu y imposer la paix ». Un scénario que l’UA se propose d’appliquer également pour le Mali où elle compte y déployer, avec le concours de l’ONU, « une force de quelque 5000 hommes issus des cinq pays du Sahel que sont la Maurétanie, le Niger, le Tchad, le Burkina Faso et le Mali ». Ce « remplacement » des forces onusiennes par des forces africaines découle, selon Smaïl Chergui, du constat auquel a abouti l’UA que « l’ONU est dans l’incapacité d’imposer la paix dans les zones où elle intervient ». Dans le cours de son exposé, le président de la CPS de l’UA a abordé deux problèmes qui sont autant de préoccupations pour les pays africains. Très diplomate, il a émis, à propos du conflit du Sahara occidental, « le vœu que l’adhésion du Maroc à l’UA et le fait que, ce faisant, il siège aux côtés de la RASD, soient le début de sa résolution ». Sauf qu’il n’a pas manqué de rappeler, comme pour faire part de son scepticisme quant à une telle issue, que « la première conséquence de l’adhésion du Maroc a été le report d’une conférence ministérielle qui devait se tenir à Dakar » et ce, « du fait du refus de celui-ci de voir la RASD y prendre part ». Dans la lancée, il a déclaré que « le prochain sommet Afrique-Europe prévu pour se tenir d’ici la fin de l’année en cours à Abidjan, la capitale ivoirienne, précisera davantage les intentions réelles du Maroc ». Ceci non sans avertir que l’UA ne permettra aucune remise en cause des avancées qu’elle a réalisées dans la voie de la construction de l’unité africaine. Sur le dossier libyen, il a annoncé « la redynamisation de la commission présidentielle chargée de suivre ses évolutions ». Revenant à l’approche globale, Smaïl Chergui a précisé que pour l’UA elle suppose également la prise en considération des données internationales. Telle, a-t-il expliqué, « la question de la réforme de tout l’édifice onusien ». Et de rappeler la « Déclaration d’Izinuswi » qui expose les principales revendications africaines dans ce sens. Parmi lesquelles, « l’octroi à l’Afrique de deux sièges permanents et le rajout de trois autres non permanents ». Ceci non sans reconnaître que leur aboutissement sera des plus difficiles et prendra beaucoup de temps: « Tous les pays qui tirent profit de la situation actuelle feront tout pour retarder les réformes de l’ONU ».

Mourad Bendris

 

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