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Après avoir gagné les touristes, la Tunisie veut l’argent du cinéma algérien

DIA-06 novembre 2017: Alors que la Tunisie absorbe 2 millions de touristes algériens chaque année, voila que le voisin de l’Est tente de profiter des financements de la Culture accordés au département cinéma. Il y a un mois le directeur des JCC Nejib Ayed et la directrice du Centre tunisien du Cinéma et de l’Image Mme Chiraz Latiri sont venus en Algérie pour demander le soutien financier de l’Algérie dans l’organisation des JCC, en contrepartie la Tunisie présentera l’Algérie comme invité d’honneur du festival.  Si l’idée a plu aux responsables algériens, ils ont en revanche diplomatiquement signifié aux responsables tunisiens qu’ils n’ont pas d’argent à offrir à la direction des JCC ni au secteur de la culture tunisienne. Les tunisiens sont même montés au Premier Ministre Ahmed Ouyahia qui leur a signifié  la même réponse. Pas d’argent à consacrer pour un festival étranger. Il faut dire que la Tunisie qui souffre d’une crise financière, en raison de la situation politique compliquée du pays, n’arrive pas à trouver les financements pour ses activités culturelles. Elle est obligée de solliciter les organismes étrangers comme l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) et les médias français (TV5, France 24 , RFI et MCD).

Durant les JCC, qui se déroulent ce début de mois de novembre, l’Algérie n’est finalement pas l’invitée d’honneur, mais présentée par les tunisiens, dans simplement un focus, une fenêtre ouverte pour faire connaître le cinéma algérien, tout comme l’Afrique du Sud, la Corée du Sud et l’Argentine. Comme quoi le cinéma algérien est aussi lointain et ignoré en Tunisie que ces pays issus d’autres continents.  

Pour présenter ce focus, la partie algérienne représentée par le Centre Algérien de Développement du Cinéma (CADC) a choisi 12 longs métrages algériens  : « Crépuscule des ombres »Mohamed Lakhdar-Hamina, « Ibn Badis »Basil Al-Khatib, « L’Oranais » Lyes Salem, « El Kalaa » Mohamed Chouikh, « La Preuve » Amor Hakkar, « Les vacances de l’inspecteur Tahar » Moussa Haddad, « Lotfi » Ahmed Rachedi, « Rachida »Yamina Bachir-Chouikh, « Rani Miyet », Yacine Mohamed Benelhadj, « Timgad »Fabrice Benchaouche, « Yema » Djamila Sahraoui, « Zabana ! » Saïd Ould-Khelifa.

Si la majorité des films sont bien représentés, la seule ombre noire au tableau de ce focus était le film « Timgad » de Fabrice Benchaouche, qui ne représente ni le cinéma algérien et encore moins la culture algérienne. Un film raté descendu par la critique algérienne et qui offre une image négative de l’Algérie. On s’interroge également sur l’absence du film « le Puits » de Lotfi Bouchouchi dans lequel ont travaillé pourtant plusieurs techniciens et comédiens tunisiens.   

L’autre erreur d’appréciation de la partie tunisienne, c’est d’avoir signé un protocole d’accord de coopération bilatérale algéro-tunisienne en matière de cinéma entre le Centre Algérien de Développement du Cinéma (CADC) et le Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI, Tunisie), sans associer les véritables acteurs de coopération internationale au ministre de la Culture: Le CNCA (Le centre national du cinéma et de l’audiovisuel) dirigé par Mourad Chouihi et surtout la direction du développement et de la promotion des arts au Ministère de la Culture dirigée par Mme Zahia Bencheikh et qui ont signé il y a quelques mois seulement un accord de coopération et de coproduction avec l’Iran.  De plus le CADC est un établissement Public industriel  et commercial (Epic) alors que le CNCA est un établissement public administratif (EPA) plus habilité à signer des accords de coopération internationaux.   

Malgré la proximité avec le pays, les coproductions entre la Tunisie et l’Algérie se comptent sur les doigts d’une seule main. La Tunisie n’a jamais soutenu le cinéma algérien et n’a réalisé des coproductions que dans des situations  de force majeure comme ce fut le cas pour le film sur « Saint Augustin » où l’Algérie a déboursé plus de 6 milliards de centimes, alors que la partie algérienne n’était pas aussi coûteuse. Au final le film a été présenté hors compétition aux JCC de 2016 et a provoqué un grand scandale quand les organisateurs ont humilié la comédienne du film Bahia Rachedi.  

Salim Bey  

 
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