DIA | L’Arabie saoudite autorise le survol de son espace aérien aux avions civiles israéliens
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L’Arabie saoudite autorise le survol de son espace aérien aux avions civiles israéliens

DIA-02 septembre 2020: L’Arabie saoudite a annoncé mercredi 2 septembre l’autorisation du passage sur son espace aérien des avions «en direction des Emirats arabes unis et en provenance de tous les pays», deux jours après le premier vol commercial direct entre Israël et les Emirats, qui a traversé le royaume. Cette décision va «permettre le passage dans l’espace aérien du royaume des vols à destination et en provenance des Emirats arabes unis de et vers tous les pays», a souligné l’Autorité générale de l’aviation civile, citée par l’agence officielle Saudi Press Agency (SPA).
Lundi, une délégation américano-israélienne s’est rendue à Abou Dhabi à bord d’un avion effectuant un vol direct entre l’État hébreu et les Emirats, quelques semaines après l’annonce de la normalisation des relations entre les deux pays. L’appareil de la compagnie israélienne El Al avait alors survolé le territoire saoudien, lui évitant ainsi un long détour dans la péninsule arabique, bien que Ryad n’ait pas de relations officielles avec l’État hébreu.

Les autorités saoudiennes ont à plusieurs reprises insisté sur la nécessité d’un règlement du conflit israélo-palestinien avant toute normalisation avec l’État hébreu. «Les positions fermes et permanentes du royaume à l’égard de la cause palestinienne ne changeront pas avec l’autorisation du survol de son espace aérien», a tweeté mercredi le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal Ben Farhane.

Lors de la visite de la délégation américano-israélienne à Abou Dhabi lundi et mardi, les responsables des trois pays ont convenu de développer la coopération dans divers domaines. Mercredi, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé des informations de presse sur des vols directs entre Israël et les Emirats. «Les avions israéliens et ceux de tous les pays pourront voler directement d’Israël à Abou Dhabi et Dubaï, et revenir», a-t-il déclaré dans une courte vidéo. L’accord de normalisation entre les Emirats et Israël, négocié par les Etats-Unis, a été vivement dénoncé par les Palestiniens qui l’ont qualifé de trahison à leur cause.

«Réchauffement»
Malgré sa position de fermeté, l’Arabie le royaume a cultivé des relations clandestines avec Israël ces dernières années, en particulier sous l’influence du jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, très proche du cheikh Mohammed ben Zayed, homme fort des Emirats. L’inimitié commune des trois pays à l’encontre de l’Iran, ainsi que les tentatives saoudiennes d’attirer des investissements étrangers pour financer son projet de diversification économique, a semblé pousser le royaume à se rapprocher de l’État hébreu.

Le président américain, Donald Trump, et son administration espèrent que d’autres pays suivront la démarche d’Abou Dhabi, en particulier l’Arabie saoudite, poids lourd régional et première puissance économique du monde arabe. «L’annonce d’aujourd’hui signale un réchauffement des relations entre l’Arabie saoudite et Israël», a déclaré à l’AFP Marc Schneier, un rabbin américain proche des pays du Golfe. «Bien qu’ils (les Saoudiens) soient encore profondément engagés auprès du peuple palestinien, ce premier pas est important et doit être célébré», a-t-il ajouté. En mars 2018, Air India a lancé le premier service de vols réguliers vers Israël, autorisé à traverser l’espace aérien saoudien.

Mais, attachée à son statut très convoité de leader du monde musulman, l’Arabie saoudite, qui abrite les sites et lieux les plus sacrés de l’islam, se trouve dans une position plus délicate que les Emirats. La Turquie et l’Iran, ses rivaux régionaux, ont eux clairement dénoncé l’accord entre les Emirats et Israël.

En 2002, l’Arabie saoudite a parrainé l’Initiative de paix arabe demandant le retrait complet d’Israël des territoires palestiniens occupés depuis 1967 ainsi qu’un règlement juste du sort des réfugiés palestiniens, en échange de la paix et de la normalisation des relations.