Le rappeur algérien Enima installé au Canada menacé d'expulsion (Vidéo) - DIA
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Le rappeur algérien Enima installé au Canada menacé d’expulsion (Vidéo)

DIA-18 juin 2018: Les autorités canadiennes ont annoncé leur intention d’expulser de son territoire le rappeur algérien installé au Canada Enima, de son vrai nom Samir Slimani, qu’elles qualifient de criminel incorrigible qui «glorifie la criminalité» dans son oeuvre, a rapporté ce matin le quotidien montréalais La presse. 

L’artiste réplique de son coté que c’est justement l’envol de sa carrière qui lui a permis de changer de vie et de laisser ses écarts de conduite derrière.

Depuis 2014, Slimani était sous le coup d’une mesure de renvoi vers son pays d’origine Algérie, pour motifs de «grande criminalité». Le 14 mars dernier, pour des raisons humanitaires, la Commission de l’immigration et du statut de réfugié a décrété un sursis de cinq ans à l’exécution du renvoi.

Cela devait permettre à l’artiste, qui s’est développé un fidèle auditoire sur le web (il a atteint le 67e rang du Billboard canadien l’automne dernier), de demeurer ici en s’engageant à respecter une longue liste de conditions. Son statut devait être réévalué en 2023.

Dans un geste très rare, les autorités fédérales viennent de demander à la Cour fédérale de faire déclarer ce sursis invalide. Une preuve qu’elles tiennent mordicus à voir Slimani quitter le pays dès maintenant.

Citoyen algérien, Samir Slimani est arrivé au Canada au début des années 2000, à l’âge de 11 ans. Il a obtenu un statut de résident permanent à titre de personne à charge de son père, qui avait immigré en tant que travailleur qualifié. Le fils n’a jamais obtenu sa citoyenneté canadienne.

En 2013, à l’âge de 19 ans, il a été condamné à 90 jours de prison et une probation de deux ans, à la suite du vol du véhicule d’un livreur et de sa cargaison.

«Ce crime a été suivi de multiples déclarations de culpabilité pour des infractions commises en 2012 et 2013, souvent en lien avec la drogue, l’usage de violence ou la menace d’y recourir, y compris de nombreuses violations des conditions imposées», peut-on lire dans le document déposé à la Cour fédérale.

Une représentante de l’Agence des services frontaliers du Canada, Zofia Przybytkoski, a souligné devant la commission que «dans ses chansons, M. Slimani glorifie la criminalité, se vante de gagner beaucoup d’argent grâce à la criminalité et exprime du mépris envers le système de justice, le tout avec des propos très vulgaires, et que cela jette aussi un doute sur la possibilité de réadaptation».

Récemment acquitté d’accusations reliées au proxénétisme en Ontario, Slimani fait toujours face à des accusations de possession d’arme prohibée au Québec.

En avril dernier, une femme qui se trouvait avec lui au moment de son arrestation a toutefois pris le blâme pour la possession de l’arme, et l’avocat de l’artiste a déjà laissé entendre que les accusations contre son client pourraient donc être retirées bientôt.

Quand il s’est présenté devant la Commission de l’immigration pour demander la permission de demeurer au pays, l’an dernier, le Montréalais a dit qu’il comprenait désormais les conséquences de ses actes passés.

Slimani a expliqué avoir décidé de changer de vie après la prison. «Il a expliqué que cette décision tenait au fait qu’il avait désormais quelque chose à perdre. Par là, il faisait référence à sa toute nouvelle carrière de rappeur à laquelle il s’est, selon ses dires, sérieusement consacré depuis sa sortie de prison», écrit le commissaire.

Samir Slimani a aussi parlé de ses craintes quant à un éventuel renvoi vers l’Algérie. «Il a déclaré ne parler que très peu l’arabe, a décrit l’Algérie comme un pays très musulman et a dit qu’il ne pratiquait pas l’islam. L’appelant a également affirmé que le fait qu’il soit très tatoué l’exposerait vraisemblablement à des actes de violence puisque cela indiquerait qu’il n’est pas un musulman typique». Aucune date n’a été fixée à ce stade pour trancher l’affaire en Cour fédérale.