Finale Maroc–Sénégal : un sommet africain terni par ses propres limites
DIA-19 janvier 2026: La finale opposant le Maroc au Sénégal, présentée comme l’un des sommets du football africain, n’a pas tenu toutes ses promesses. Si l’affiche était prestigieuse, réunissant deux sélections majeures du continent, le contenu sportif est resté globalement en deçà des attentes, confirmant certaines limites récurrentes des grandes compétitions africaines.
Dès l’entame, la rencontre s’est enfermée dans une prudence excessive. L’enjeu a pris le pas sur le jeu. Les deux équipes ont semblé davantage préoccupées par la gestion du risque que par la volonté d’imposer une identité offensive claire. Peu d’occasions franches, un rythme haché et une créativité limitée ont rapidement installé une atmosphère tendue, loin de l’image d’une finale censée représenter le meilleur du football africain.
Deux sélections bridées par la pression
Le Maroc, souvent mis en avant pour sa maîtrise technique et sa capacité à construire le jeu, est apparu contraint, parfois hésitant, incapable d’exploiter pleinement ses atouts offensifs. Le Sénégal, fort de son expérience et de sa puissance physique, a privilégié un jeu de contrôle et d’impact, sans chercher à prendre l’ascendant de manière nette.
Cette approche prudente des deux camps a abouti à un affrontement fermé, dominé par les duels et les calculs tactiques, plutôt que par le jeu et la prise d’initiative.
Arbitrage et gestion du match : un malaise persistant
Comme lors de précédentes rencontres majeures, l’arbitrage a suscité des interrogations. Décisions discutables, nombreuses interruptions et gestion approximative du rythme ont contribué à affaiblir la qualité du spectacle. Sans remettre en cause le résultat, ces éléments relancent le débat sur la nécessité pour les instances africaines d’améliorer durablement le cadre arbitral et organisationnel des compétitions continentales.
Une finale révélatrice des contradictions de la CAN
Cette finale Maroc–Sénégal illustre un paradoxe bien connu du football africain : un réservoir de talents reconnu mondialement, mais des rendez-vous décisifs qui peinent encore à refléter ce potentiel. Alors que les joueurs africains s’illustrent chaque semaine dans les plus grands championnats européens, les compétitions continentales continuent de souffrir d’un déficit de jeu, de fluidité et parfois de lisibilité.
Au-delà du score, une réflexion nécessaire
Pour le football africain, l’enjeu dépasse le simple vainqueur. Il s’agit de faire des finales de véritables vitrines du continent, capables de séduire, de convaincre et de s’imposer comme des événements majeurs sur la scène internationale.
La finale Maroc–Sénégal restera avant tout comme un match sous tension, révélateur des progrès accomplis, mais aussi des chantiers encore ouverts pour que la Coupe d’Afrique des nations atteigne pleinement le niveau qu’elle ambitionne.
Amir Hani