L’actrice franco-algérienne Rachida Brakni refuse la Légion d’honneur le 14 juillet
DIA-15 juillet 2026: Dans un message publié sur Instagram, la comédienne et chanteuse franco-algérienne Rachida Brakni a annoncé « refuser poliment » la Légion d’honneur, qui lui a été attribuée le 14 juillet sur proposition ministérielle. Au même titre, et au même grade de chevalier, que le cinéaste Xavier Giannoli ou l’actrice Clémentine Célarié.
Benjamin Biolay, Guillaume de Tonquédec, Sabrina Ouazani mais aussi la députée LFI Manon Aubry y ont vu une preuve de courage, si l’on en juge par leurs réactions sur les réseaux sociaux.
« J’apprends avec surprise que l’on me décerne la Légion d’honneur. Indépendamment du fait qu’elle est attribuée à tour de bras pour le meilleur et souvent pour le pire, la question de l’honneur se pose… », affirme sur Instagram l’ex-pensionnaire de la Comédie-Française, connue du grand public depuis le film Chaos, en 2001, qui lui a valu un César du meilleur espoir.
Rachida Brakni, 49 ans, estime que son honneur « se situe ailleurs » que dans cette récompense. « L’honneur est un devoir moral précieux que je m’évertue modestement à appliquer chaque jour dans mon travail, mon écriture et dans les choix qui me guident sans quoi je me perdrais et sans quoi je perdrais l’estime de ceux qui comptent à mes yeux plus que la plus haute distinction », déclare la comédienne, qui prépare la sortie d’un roman après son premier livre, publié en 2024 et consacré à son père. « Voilà les raisons qui me poussent à la refuser poliment », conclut-elle, de manière sibylline.
L’engagement de Rachida Brakni s’est fait plus intelligible par le passé, avec des prises de position contre le mal-logement ou en faveur du peuple palestinien. « Les uns veulent faire disparaître la Palestine. Les autres Israël. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la cohabitation de deux peuples, de deux États. Plus que jamais, imaginer deux États est une nécessité », écrivait-elle à quatre mains avec Éric Cantona, son compagnon, dans L’Humanité, en 2021.
Refuser la Légion d’honneur est une autre tradition française. Jean-Paul Sartre avait rejeté le ruban rouge par crainte d’être statufié. Georges Brassens s’inquiétait de gagner de trop « bonnes manières » en ornant sa boutonnière, quand l’auteur de BD Jacques Tardi a opposé une fin de non-recevoir afin de se tenir à distance du « pouvoir ». Ils n’ont pas fait leur le mot de François Mauriac, selon qui une telle décoration ne se refuse, ne se demande et ne se porte pas.