Vidéo polémique visant une fillette de 8 ans : le tribunal de Boufarik rend son verdict - DIA
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Vidéo polémique visant une fillette de 8 ans : le tribunal de Boufarik rend son verdict

DIA-12 août 2026: Le tribunal de Boufarik a rendu, mercredi 12 août, son verdict dans l’affaire de la vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, dans laquelle un homme tenait des propos jugés obscènes et discriminatoires à l’égard d’une fillette âgée de huit ans.

Le prévenu, identifié par les initiales S. Anouar, a été condamné à deux ans de prison, dont une année ferme et une année avec sursis, ainsi qu’à une amende de 200 000 dinars.

Sur le plan civil, le tribunal l’a également condamné à verser un dinar symbolique à l’Organisme national de protection et de promotion de l’enfance (ONPPE), qui s’était constitué partie civile dans cette affaire.

Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux

L’affaire avait suscité une vive polémique après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo dans laquelle le prévenu commentait de manière virulente la tenue d’une enfant de huit ans.

La séquence, rapidement devenue virale, avait provoqué de nombreuses réactions et conduit à l’ouverture de poursuites judiciaires. Le prévenu était notamment poursuivi pour « discrimination » ainsi que pour « atteinte à la vie privée d’un enfant par la publication de contenus de nature à lui porter préjudice ».

Ces poursuites s’appuyaient notamment sur les dispositions de la loi n°20-05 relative à la prévention et à la lutte contre la discrimination et le discours de haine, ainsi que sur la loi n°15-12 relative à la protection de l’enfant.

Le prévenu affirme avoir voulu « conseiller »

À l’audience, S. Anouar a reconnu être l’auteur de la vidéo, tout en contestant avoir voulu porter atteinte à l’enfant.

Selon ses déclarations devant le tribunal, son objectif était de dénoncer ce qu’il considérait comme un comportement inapproprié et de sensibiliser les parents. Il a toutefois reconnu que les termes employés dans la vidéo étaient inadaptés.

Après la polémique provoquée par la diffusion de la séquence, il affirme l’avoir supprimée avant de publier une seconde vidéo dans laquelle il présentait ses excuses.

La défense a également insisté sur l’absence d’intention criminelle, soulignant notamment que la fillette n’avait pas été nommée et que son identité n’aurait pas été directement révélée par son client.

L’ONPPE : « La protection de l’enfant est la priorité »

Représentant l’Organisme national de protection et de promotion de l’enfance, l’avocat de la partie civile a appelé à replacer l’affaire dans son cadre strictement juridique.

Il a notamment rejeté toute tentative de donner au dossier une dimension politique ou religieuse, rappelant que l’enjeu principal demeure la protection des droits de l’enfant.

L’ONPPE a également rappelé son rôle dans la surveillance des contenus diffusés sur Internet lorsqu’ils peuvent mettre un enfant en danger. L’organisme dispose notamment d’une cellule de veille cybernétique pouvant intervenir et engager les procédures prévues par la loi.

Trois ans requis par le parquet

De son côté, le ministère public a adopté une position particulièrement ferme. Lors de son réquisitoire, le procureur de la République a rappelé que la protection des enfants constitue une responsabilité collective et que leurs droits ne peuvent faire l’objet d’aucune banalisation. Le parquet avait requis trois ans de prison ferme ainsi qu’une amende de 300 000 dinars.

Le tribunal a finalement retenu une peine de deux ans, dont un an ferme et un an avec sursis, assortie d’une amende de 200 000 dinars.

Au-delà de la condamnation, cette affaire relance le débat sur les limites de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux et, surtout, sur la responsabilité de ceux qui publient des contenus impliquant des mineurs. La justice rappelle ainsi que la protection de l’enfant demeure une priorité et que la diffusion de contenus susceptibles de lui porter préjudice peut entraîner des poursuites pénales.

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