FIFA : Gianni Infantino présente ses excuses, mais la crise de confiance persiste
DIA – 16 octobre 2026 : Fragilisé par l’abandon de son projet d’ouverture de la FIFA aux investisseurs privés, Gianni Infantino a tenté de désamorcer la contestation. Réuni jeudi à Zurich, le Conseil de l’instance mondiale a entendu les excuses de son président. Mais les explications fournies n’ont pas convaincu plusieurs dirigeants du football international, qui réclament davantage de transparence sur les conditions dans lesquelles cette initiative a été préparée.
« Je tiens à dire que nous nous excusons pour les erreurs commises dans la conduite et la communication de ce projet », a déclaré le président de la FIFA. Une prise de parole attendue, alors que la polémique autour de FIFA Forward Enterprise a sérieusement ébranlé son autorité.
Dévoilée par la presse au début du mois d’août, cette initiative envisageait la création d’une structure commerciale susceptible d’accueillir des capitaux privés et de gérer une partie des intérêts commerciaux liés aux compétitions de la FIFA. Présentée sans consultation préalable suffisante des instances concernées, elle a suscité une vive opposition, notamment au sein de l’UEFA, de la Concacaf et de la Confédération asiatique de football.
Face à la contestation, Gianni Infantino a tenu à rappeler qu’il ne s’agissait que d’une proposition et non d’une décision définitive. Selon lui, l’objectif était de permettre à la FIFA d’accroître ses investissements au profit des fédérations membres, sans remettre en cause les financements déjà existants.
Des explications jugées insuffisantes
Les excuses du président n’ont cependant pas dissipé les interrogations. Debbie Hewitt, présidente de la Fédération anglaise de football et vice-présidente de la FIFA, a regretté l’absence de réponses précises aux questions soulevées par plusieurs membres du Conseil. Pour elle, les regrets exprimés concernent essentiellement le défaut de consultation de l’instance dirigeante, sans apporter les éclaircissements attendus sur le fond du dossier.
La dirigeante anglaise a notamment insisté sur la nécessité d’obtenir des réponses documentées. Elle estime que le président doit répondre aux questions posées et que son incapacité à le faire remettrait en cause son aptitude à diriger l’organisation.
Même tonalité du côté allemand. Bernd Neuendorf, président de la Fédération allemande de football, a fait état d’un échange qui ne lui a pas permis d’obtenir des réponses satisfaisantes. Il a également évoqué une perte de confiance et appelé à une réflexion plus profonde sur la gouvernance de la FIFA.
Cette contestation dépasse désormais le seul abandon du projet. Elle met en lumière les tensions autour du mode de décision de Gianni Infantino, accusé par ses détracteurs de concentrer les initiatives sans associer suffisamment les représentants des fédérations.
Une stratégie financière pour consolider ses soutiens
Dans le même temps, la FIFA entend poursuivre sa politique de redistribution. Le Conseil a approuvé une augmentation de son programme de développement, porté à 6,35 milliards de dollars pour les quatre prochaines années. Gianni Infantino a annoncé que les 211 associations membres pourraient chacune bénéficier de 25 millions de dollars, sous réserve de la validation prévue lors du congrès de l’organisation en décembre.
Le président met en avant cette politique de financement pour défendre son bilan et souligner les moyens supplémentaires accordés aux fédérations, notamment celles qui disposent de ressources limitées. Cette stratégie lui assure encore des soutiens parmi plusieurs responsables du football mondial, même si les critiques persistent en Europe.
À l’approche de l’élection présidentielle de la FIFA prévue en mars 2027 à Rabat, l’enjeu est désormais politique autant que financier. Gianni Infantino, en poste depuis 2016, entend briguer un nouveau mandat, mais la controverse autour de FIFA Forward Enterprise pourrait durablement peser sur sa crédibilité.
L’épisode de Zurich montre ainsi que l’abandon d’un projet contesté ne suffit pas à refermer une crise. Pour rétablir la confiance, le patron du football mondial devra répondre aux interrogations sur la transparence des décisions et le fonctionnement de l’institution. Ses excuses constituent un premier geste, mais elles sont loin d’avoir convaincu tous ses opposants.