Ségolène Royal s’en prend à CNews : « Vous arrêtez CNEWS d’inviter des voyous »
L’ancienne candidate à la présidentielle dénonce le traitement médiatique de l’Algérie et interpelle Emmanuel Macron sur les contradictions de la politique française à l’égard d’Alger. Ségolène Royal relance la polémique autour du traitement de l’Algérie sur les chaînes d’information françaises. Dans une publication sur Facebook, l’ancienne ministre et candidate socialiste à l’élection présidentielle s’en prend directement à CNews, après une émission consacrée aux violences urbaines du 17 octobre et aux liens supposés entre le pouvoir algérien et certains réseaux religieux en France.
« Vous arrêtez CNEWS d’inviter des voyous ? », lance-t-elle, avant de dénoncer ce qu’elle considère comme une dérive dans le traitement médiatique de l’Algérie. Elle vise notamment les propos attribués à Chawki Benzehra, présenté dans la capture d’écran accompagnant sa publication comme un lanceur d’alerte. Celui-ci affirme, lors de l’émission Face à l’info, que « le régime algérien contrôle le culte à travers la Grande Mosquée de Paris ».
Une déclaration qui s’inscrit dans un débat particulièrement sensible, où se mêlent relations diplomatiques, questions religieuses, sécurité et mémoire historique. En dénonçant cette séquence, Ségolène Royal conteste la manière dont certaines interventions médiatiques présentent l’Algérie et ses institutions. Son message, au ton particulièrement offensif, relance ainsi la controverse sur la responsabilité des chaînes d’information dans la construction du débat public.
Macron interpellé sur le paradoxe algérien
Mais la publication de Ségolène Royal ne se limite pas à une attaque contre CNews. L’ancienne ministre interpelle également Emmanuel Macron sur les contradictions qu’elle perçoit dans la politique française à l’égard de l’Algérie.
« Et “en même temps”, Emmanuel Macron demande du pétrole et du gaz à l’Algérie pour faire baisser les prix comme l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne qui en plus signent des partenariats industriels », écrit-elle.
Son argument repose sur un contraste : alors que la France a besoin de préserver ses approvisionnements énergétiques et ses intérêts économiques, une partie du débat médiatique contribue, selon elle, à dégrader l’image de l’Algérie et à alimenter les tensions entre les deux pays.
La comparaison avec l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne pose une question politique : comment défendre des intérêts économiques communs tout en laissant les relations bilatérales se détériorer ? Elle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à établir que ces pays entretiennent avec Alger des relations comparables à celles de Paris, chaque partenariat répondant à des intérêts et à des contraintes spécifiques.
Le 17 octobre, une mémoire toujours sensible
La polémique intervient également dans le contexte de la commémoration du 17 octobre 1961, date marquée par la répression sanglante d’une manifestation d’Algériens à Paris, sous l’autorité du préfet de police Maurice Papon.
Cette mémoire historique demeure un sujet de tension dans les relations franco-algériennes. Le choix des invités, la nature des accusations formulées à l’antenne et la présentation des événements historiques alimentent régulièrement les controverses sur les plateaux de télévision.
En concluant son message par cette question — « Racisme et stupidité : ça s’arrête quand ? » — Ségolène Royal exprime une condamnation sans ambiguïté de ce qu’elle perçoit comme une stigmatisation de l’Algérie.
Au-delà de l’affrontement entre une responsable politique et une chaîne de télévision, cette nouvelle sortie met en lumière un débat plus large : celui de la place de l’Algérie dans les médias français, entre traitement de l’actualité, controverses idéologiques et enjeux diplomatiques.
Reste une question essentielle : le débat sur les relations franco-algériennes peut-il se tenir sereinement sans amalgames, sans accusations insuffisamment étayées et sans instrumentalisation de l’histoire ? C’est aussi sur ce terrain que se joue la crédibilité du débat médiatique.
