DIA | Dossier Libyen : Premier test diplomatique réussi pour Tebboune
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Dossier Libyen : Premier test diplomatique réussi pour Tebboune

DIA-12 janvier 2020: Le cessez-le feu qui se dessine en Libye, qu’il soit respecté ou pas, mets en lumière le rôle du Président Abdelmadjid Tebboune, fraîchement élu, et qui a hérité dans la foulée d’une crise régionale et internationale dont il a démêlé les tensions. Une prouesse diplomatique qui constitue un premier test réussi.

Si l’ancien Président Bouteflika se gargarisait, ainsi que son clan, de ses talents diplomatiques, au point d’avoir frigorifié l’initiative diplomatique Algérienne, les premiers pas du Président Tebboune dans le domaine diplomatique ont été pour le moins, fracassants. Certes, le candidat Tebboune avait impressionné par sa connaissance des dossiers internationaux les différents ambassadeurs qui lui avaient rendu visite durant la campagne et discuté avec lui, préfigurant d’une gestion diplomatique à venir, davantage basée sur le réalisme, le pragmatisme et surtout l’efficacité. Mais rien ne vaut les tests grandeur nature, et l’implosion de la Libye en était un.

D’abord, le président Tebboune a démontré des capacités de souplesse que peu d’observateurs soupçonnaient. Alors qu’il travaillait en parallèle sur plusieurs chantiers urgents (Constitution du Gouvernement, réforme constitutionnelle, consultations politiques…), le président Tebboune a pris, dans le dossier Libyen, le taureau par les cornes. Il faut dire que la diplomatie d’apparats et du verbiage qui a clôturé l’ère des Bouteflika, avec des MAE comme Messahel et Lamamra qui avaient perdu pied sur le dossier Malien et Libyen, avait mis l’Algérie en position stérile. Alger n’était plus le point de passage obligé car les protagonistes du dossier libyen avaient déserté la place.

Ensuite, la capacité de conciliation et du compromis de Tebboune a fait bouger les lignes. Des Turcs, jusqu’aux Emiratis, en passant par les Italiens, Tunisiens, Égyptiens et africains, le nouveau Président de la République ne s’est pas réfugié derrière les urgences internes. Bien au contraire. Sa disponibilité, son sens du dialogue, son activité débordante durant les audiences et son écoute, a permis aux différents visiteurs étrangers dans ce dossier de trouver le partenaire pivot qui pouvait concilier les points de vue. Il en est de même des camps Al Sardj et Haftar, qui ennemis sur le terrain, ont trouvé dans l’approche présidentielle algérienne matière à dialogue et compromis.

Enfin, la méthode Tebboune, qui est davantage axée sur l’éloge à la solution qu’aux constats inopérants, vient de faire ses preuves. Le dossier Libyen sur lequel la diplomatie algérienne était à la traîne, si ce n’est complètement exclu, est revenu au giron Algérien, au point que la puissante Allemagne ne passe plus par Paris pour reprendre langue avec Tebboune dont la capacité opérationnelle séduit les partenaires. Et cette méthode est, en plus, couplée à une symbiose totale avec le déploiement de l’ANP et les positions de l’état-major sur ce dossier. Comme quoi, à la différence des années Bouteflika, la coordination politico-militaire est un plus pour l’action diplomatique et non un handicap. La crise libyenne vient de démontrer que l’Algérie a repris son leadership régional et Tebboune a fait la démonstration qu’il avait plusieurs cordes à son arc, dont un talent diplomatique insoupçonné et terriblement efficient.

Amir Hani