Jack Lang démissionne de l’Institut du monde arabe
DIA-07 février 2026: Après plusieurs jours de tumulte autour de ses liens avec l’homme d’affaires et criminel sexuel Jeffrey Epstein, l’ancien ministre de la Culture Jack Lang a proposé samedi sa démission de l’Institut du monde arabe (IMA) au ministre des Affaires étrangères. Une enquête du Parquet national financier (PNF), pour «blanchiment de fraude fiscale aggravée» concernant Jack Lang et sa fille Caroline, avait été ouverte vendredi.
«Je propose de remettre ma démission lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire», a écrit l’actuel président de l’IMA alors qu’il était convoqué dimanche au Quai d’Orsay. Le chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot, dont le ministère a la tutelle sur l’IMA, en «a pris acte». «Je lance la procédure pour désigner son ou sa successeur à la tête de l’IMA et je convoque un conseil d’administration sous 7 jours qui désignera un ou une président(e) par intérim», a-t-il ajouté, de retour à Paris après une tournée internationale. L’Élysée a aussi pris «acte de la démission» de Jack Lang à la tête de l’Institut du monde arabe.
De son côté, la fille de Jack Lang, Caroline Lang, citée 948 fois dans les «Epstein files», vient de démissionner du poste d’administrateur au CA du festival international Séries Mania, qui a lieu chaque année à Lille. Elle vient également de quitter Pictanovo, établissement des Hauts-de-France qui investit dans des films et séries tournés dans le Nord. Elle y a notamment dirigé le comité de lecture.
Le nom de Jack Lang est ressorti 673 fois
La publication fin janvier de millions de nouveaux documents liés à l’affaire a provoqué une onde de choc pour de nombreuses personnalités, notamment dans le monde de la culture.
Parmi les messages échangés par le financier américain, le nom de Jack Lang est ressorti 673 fois et fait apparaître des intérêts économiques communs. Vendredi, le parquet national financier (PNF) a confirmé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour «blanchiment de fraude fiscale aggravé» visant Jack Lang et sa fille Caroline Lang, après des «faits révélés par Mediapart».
Sur la base de ces nouveaux «Epstein files», le média a fait état de liens financiers et d’intérêt économiques communs entre la famille Lang et le financier, condamné en 2008 pour avoir recouru à des services de prostituées mineures et qui était de nouveau inculpé en août 2019 lorsqu’il est décédé en prison.
Plusieurs années de correspondance
Lundi, Caroline Lang a démissionné de la tête d’un syndicat de producteurs de cinéma après les révélations sur une société «offshore» qu’elle a fondée en 2016 avec l’homme d’affaires américain.
Jack Lang a quant à lui reconnu avoir personnellement sollicité le financier pour obtenir le versement de 57.897 dollars à une association pour un film sur les «années Lang-Mitterrand». D’après les échanges exhumés, les deux hommes ont notamment négocié en 2015 la vente entre eux d’un riad à Marrakech. Leur correspondance s’est ensuite poursuivie pendant plusieurs années.
«Cher Jeffrey, (…) votre générosité est infinie» aurait écrit Jack Lang en 2017. «Puis-je encore abuser ?», avait-il encore demandé, avant de solliciter le milliardaire pour qu’il le transporte en voiture à une fête organisée hors de Paris.
Samedi, l’ancien ministre de la Culture a indiqué accueillir «avec sérénité et même soulagement» l’enquête préliminaire ouverte par le PNF. Si aucune charge ne pèse à ce stade contre l’ancien ministre, les appels à la démission de son actuel poste à la présidence de l’IMA se sont multipliés, notamment au sein de la classe politique.
À la tête de l’institution depuis 2013, Jack Lang a assuré que l’enquête préliminaire permettrait de «faire toute la lumière sur des accusations portant atteinte à (sa) probité et à (son) honneur», et a indiqué qu’il collaborerait avec la justice.
AFP