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Liberté de la presse en Algérie: Le rapport accablant de RSF

DIA-24 décembre 2016: Le rapport vient de tomber et il est accablant. Quelques jours après le décès du journaliste Mohamed Tamalt, l’ONG Reporters Sans Frontières (RSF) a publié un rapport sur la liberté de la presse en Algérie. Le titre du rapport plante le décor : «  Algérie : la main invisible du pouvoir sur les médias ».

Code pénal répressif, détention arbitraire, bureaucratie ubuesque, intimidations ouvertes, menaces sur les réseaux sociaux, verrouillage du marché publicitaire, dettes stratosphériques, sont autant de constatations alarmantes. La presse Algérienne est dans de sales draps. Le rapport parle d’une « asphyxie progressive » depuis la réélection du président de la république M.Abdelaziz Bouteflika en avril 2014.

Ne manquant pas l’épisode de la mort du journaliste et bloggeur Mohamed Tamalt, RSF indique que cette affaire est « venue noircir le tableau » de la situation des médias en Algérie  puisque «  c’est la première fois qu’un détenu meurt pour des opinions publiées sur Facebook ». L’ONG estime que le décès de Tamalt prouve que «  le combat pour une presse libre est plus que jamais d’actualité »,  notamment quand il s’agit de « sujets tabous » tels que « la santé du chef de l’Etat, les avoirs des dirigeants algériens et la corruption ».

Dans ce sillage, l’organisation appelle à l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de la mort de Mohamed Tamalt.

RSF aborde les difficultés rencontrées par la presse écrite depuis 2014 contraignant la majorité des journaux à choisir une ligne éditoriale « peu, voire pas du tout, critique envers les dirigeants et leur action pour assurer la viabilité de leur entreprise médiatique, dépendant en grande partie de la publicité ».

Le rapport souligne que pour verrouiller le paysage médiatique, les autorités utilisent « des moyens très diversifiés tant au niveau de la pratique juridique, politique, qu’économique » avec l’objectif de « maintenir une forte pression sur les médias et favoriser la docilité à l’affirmation de l’indépendance».

L’ONG affirme que c’est le ministère public qui est à l’origine de la plupart des poursuites engagées contre les journalistes et journalistes-citoyens depuis plus de deux ans.

«Le recours au code pénal est systématique, notamment en raison du fait que les infractions liées au droit d’informer – à savoir la diffamation, l’outrage et l’injure – sont prévues dans le code pénal et punies de peines allant de deux mois à cinq ans de prison et de 1 000 Da à 500 000 Da (de 10 à 4 000 euros) ».

Christophe Deloire SG de l’ONG déclare à cet effet que « les journalistes algériens se sont battus avec beaucoup de courage et de résilience depuis les années 90 pour la liberté d’informer. Aujourd’hui, nous constatons que sous couvert de pluralisme se cachent des pratiques autoritaires nuisibles à l’indépendance journalistique. Jusqu’où iront les autorités algériennes pour étouffer la presse et ceux qui la défendent ? ».  Le rapport n’omet pas de rappeler l’arrestation de Mehdi Benaissa et Ryad Hartouf  « détenus arbitrairement pendant plus de 20 jours en juin dernier ».

Bien qu’ayant constaté une multiplication des organes de presse en Algérie, le rapport souligne que cela n’est pas synonyme d’ « une  plus grande tolérance des autorités pour le droit à une information libre, indépendante et porteuse d’un véritable pluralisme d’opinions ».

L’Algérie classée en zone  « Rouge »

Pour elle, les chaînes de télévision privées créées ces dernières années évoluent « dans une zone grise ». « Les chaînes algériennes ont un statut d’entreprise offshore leur permettant d’émettre vers l’Algérie via des opérateurs satellitaires (…) L’ambiguïté de ce statut complique le travail de ces télévisions notamment pour obtenir les accréditations à leurs journalistes, pour enregistrer des émissions dans les studios algériens ».

L’Algérie d’après le rapport se trouve au 129e rang sur 180 au classement mondial 2016 de la liberté de la presse. Une place « rouge » parmi les pays où la situation des journalistes est jugée « difficile ». Soit juste un cran au-dessous de la cinquième et dernière marche où figurent la Chine, la Libye, le Soudan, Cuba ou encore la Syrie.

Concernant les médias électroniques, RSF souligne : « reconnus par le public, les pure-players évoluent dans un brouillard juridique précarisant. Bien que le code de l’information en 2012 leur ait consacré un chapitre, ils n’ont d’autres choix que de se constituer en sociétés de services, agences de communication ou entreprise de droits étrangers ».

Le cas d’un autre activiste, Hassan Bouras membre de la Ligue algérienne des droits de l’Homme, est également évoqué dans ce rapport. Condamné le 28 novembre par le tribunal d’El-Bayadh (nord-ouest) à une année de prison ferme pour «complicité d’outrage à un auxiliaire de justice, à des agents de la force publique et à un corps constitué », Bouras devra être jugé en appel le 8 janvier prochain.

En conclusion, le rapport adresse aux autorités Algériennes 14 recommandations dans le cadre de ses obligations pour la promotion et la protection de la liberté de la presse. L’organisation demande l’arrêt du recours au code pénal, à la détention arbitraire et aux procédures administratives abusives. L’ONG prône également la révision du code pénal pour supprimer les peines d’emprisonnement ayant trait à l’injure, la diffamation ou l’outrage.

Elle demande en outre d’assurer la protection des journalistes notamment dans les cas de cyber-violence, l’arrêt de la distribution discrétionnaire de la publicité publique et la délivrance sans restriction des visas et accréditations aux journalistes étrangers qui en font la demande.

Lamine Réda

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