DIA | Abdelaziz Bouteflika, un président trahi par son égo et ses hommes de confiance
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Abdelaziz Bouteflika, un président trahi par son égo et ses hommes de confiance

DIA-18 septembre 2021: L’ancien président de la République, Abdelaziz Bouteflika (1999-2019), aura été le président algérien ayant battu le record de longévité au Pouvoir avec 20 ans de règne, soit quatre mandats consécutifs de cinq ans chacun.

Décédé à l’âge de 84 ans, Bouteflika a été trahi par son égo et ses proches collaborateurs. Par son égo quand il avait amendé la Constitution en 2008. Le texte fondamental du pays limitait les mandats présidentiels à deux, alors que Bouteflika a amendé cette disposition pour que les mandats soient illimités. Cela lui a permis de briguer un 3e mandat en 2009 !

A son arrivée au Pouvoir en 1999 pour succéder à Liamine Zeroual, Bouteflika s’était fixé l’objectif de poursuivre le travail de réconciliation entamé par son prédécesseur pour parvenir à “la Charte pour la paix réconciliation nationale”.

Son premier mandat (1999-2004) a été sécuritaire avant de s’attaquer à ce qu’il appelait la relance de l’économie nationale. Toutefois, son premier mandat a été marqué par des événements tristes, notamment le printemps noir après l’assassinat de Massinissa Guermah. S’en étaient suivis les inondations de Bab El Oued en 2001, puis le séisme de Boumerdes en 2003, le tout aggravé par une sécheresse hydrique qui avait contraint les Algériens au rationnement en matière d’alimentation en eau potable. Les Algérois étaient astreints à un jour sur trois en matière d’AEP.

Durant ce mandat, plusieurs grands projets ont été lancés, à savoir le métro d’Alger, le tramway et les barrages hydrauliques de Beni Haroun (Mila) et Taksebt (Tizi Ouzou) et l’autoroute Est-Ouest

Durant ce mandat également, Bouteflika s’était séparé de deux Premiers ministres, Ahmed Benbitour puis Ali Benflis.

L’ancien président de la République refusait toute personne qui le contredisait à l’exemple de Benflis ou Benbitour sans compter les autres ministres qui lui tenaient tête comme Abdelaziz Rehabi. En se séparant de ces grands hommes politiques, Bouteflika avait fait le vide autour de lui pour s’entourer de responsables asservis comme les Belkhadem, Ouyahia ou encore Sellal.  

Ainsi, en 2004 déjà c’est son ancien directeur de campagne, Ali Benflis qui s’était présenté à la présidentielle pour le concurrencer. C’est à partir de là que Bouteflika s’est acharné sur tous ses opposants pour les laminer par la suite. Son égo a pris le dessus pour s’emparer de tous les pouvoirs. Entre temps, Bouteflika a été victime d’un AVC qui l’avait affaibli en 2004.

A cause de sa maladie, Bouteflika a cédé du terrain pour que ses proches ou hommes de confiance commencent à gérer le pays à sa place. On raconte que Bouteflika a eu un AVC après avoir découvert des affaires de corruption dans lesquelles étaient impliquées ses hommes de confiance, dont son frère-conseiller Said Bouteflika.

Malgré sa maladie, Bouteflika s’était porté candidat en 2009 pour un 3e mandat qui était le mandat de trop.

C’est à partir de ce mandat que Bouteflika devenait de plus absent et s’éloignait du terrain. En 2012 il avait effectué sa dernière visite sur le terrain à Sétif où il avait déclaré que “son temps était révolu”. En d’autres termes, il préparait son départ pour remettre le flambeau à ceux qui allaient lui succéder.

Cependant, son entourage immédiat avait refusé son départ et l’avait maintenu à la présidence de la République d’autant plus que l’Algérie jouissait d’une aisance financière grâce à un baril de pétrole à 120 dollars.

Ce fut l’occasion pour plusieurs hauts responsables, aujourd’hui trainés devant les tribunaux, de piller les richesses du pays. Toujours gourmands et non rassasiés, ces mêmes responsables avaient poussé Bouteflika à se porter pour un 4e mandat en 2014, alors qu’il était sur fauteuil roulant.

Ce sont ces mêmes hauts responsables qui avaient mené la campagne électorale à la place de Bouteflika lequel n’effectuait plus de visites sur le terrain et ne s’adressait plus aux Algériens à cause de sa maladie qui l’avait trop affaibli.

Poussant encore le bouchon plus loin, ces mêmes hauts responsables ont eu l’audace d’annoncer la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat en 2019.

Un 5e mandat qui avait fait sortir le peuple dans la rue pour finir par contraindre Bouteflika à la démission en avril de la même année.

Depuis lors, Bouteflika a carrément disparue et continuait à occuper la villa médicalisée de Sonatrach à Zerlada jusqu’à sa mort, hier à 21h.

Amir Hani

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