Cnews charge un consultant libanais pour dénoncer le recul de la langue française en Algérie (Vidéo) - DIA
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Cnews charge un consultant libanais pour dénoncer le recul de la langue française en Algérie (Vidéo)

DIA-28 Août 2026: Le consultant franco-libanais Michel Fayad poursuit sa cabale contre l’Algérie sur CNEWS, et intervient cette fois pour dénoncer le recul de la langue française en Algérie. Ainsi après « les Buches de Noel », Cnews s’intéresse au recul du français dans les écoles primaires algériennes. 

Pour cela Fayad qui n’est jamais venu en Algérie garde les yeux rivés sur des notes surement rédigés pour lui et parle de « Souveraineté au stylo rouge », et ira jusqu’à dire que le seul mot en français qui reste dans les enseignes c’est le mot « Toilette ». Une déclaration honteuse venant d’un intellectuel qui n’a jamais lu les livres de Feraoun, Haddad, Yasmina Khadra ou encore Mohamed Dib.   Un érudit inculte qui ose parler de l’Algérie comme une ruelle de Kaboul alors qu’il oublie de parler « Dehieh » la banlieue sud du Liban qui est dominé par les barbus du Hizbollah au Sud Liban.    

Intervenant sur un thème racoleur « le français disparaît de partout en Algérie », Fyard a le mérite de poser une question réelle, mais elle mérite surtout d’être décryptée. Car derrière cette formule spectaculaire se trouve une évolution incontestable de la politique linguistique algérienne, mais aussi une simplification d’une réalité beaucoup plus complexe.

Le recul institutionnel du français en Algérie est aujourd’hui difficile à nier. Le 25 juillet 2026, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé que, dès la rentrée 2026-2027, l’anglais deviendrait la seule langue étrangère enseignée en troisième année du primaire, le français étant repoussé à la quatrième année. Une décision qui marque une nouvelle étape dans la transformation du système éducatif algérien. 

 Le mouvement dépasse d’ailleurs l’école. Depuis 2025-2026, certaines facultés scientifiques et médicales ont commencé à passer du français à l’anglais comme langue d’enseignement. Des administrations ont également réduit l’usage du français dans leurs communications. En février 2026, la Direction générale des Impôts a ainsi imposé l’utilisation exclusive de l’arabe dans ses correspondances officielles. 

Sur ce point, Michel Fayad décrit donc une tendance réelle : le français n’occupe plus la position dominante qu’il a longtemps conservée dans l’Algérie post-indépendance.

Mais peut-on pour autant dire qu’il « disparaît de partout » ?La réponse est non.

Car il faut distinguer le recul du français dans les institutions et son utilisation dans la société. Une étude universitaire publiée en 2026 souligne précisément cette contradiction : le français a vu son statut institutionnel évoluer, mais demeure intégré au paysage sociolinguistique algérien et continue d’être utilisé dans différents secteurs. 

Les chiffres disponibles montrent d’ailleurs que le français reste très présent. Selon les données reprises par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’Algérie compterait environ 15 millions de francophones. Al Jazeera rappelle ainsi que, malgré le recul actuel, le français demeure la langue étrangère la plus influente dans le pays. 

La réalité algérienne est donc loin d’être celle d’un pays qui aurait brutalement abandonné le français.

Une transformation plus qu’une disparition

Pendant plusieurs décennies, le paysage linguistique reposait principalement sur trois niveaux : l’arabe dans les institutions et l’enseignement, le tamazight dans une partie importante de la population et le français dans les sciences, l’université, l’économie, les médias et une partie de la vie quotidienne.

Aujourd’hui, un quatrième acteur prend une place croissante : l’anglais.

C’est probablement le changement le plus important.

L’objectif n’est donc pas simplement de remplacer le français par l’arabe. Une partie de la politique actuelle consiste plutôt à faire passer progressivement l’Algérie d’un système dominé par le couple arabe-français à un système dans lequel arabe-tamazight-français-anglais coexistent avec des fonctions différentes.

Cette évolution est particulièrement visible chez les jeunes générations. L’anglais bénéficie d’une image de langue internationale, associée aux sciences, aux technologies, à Internet et à la culture populaire mondiale. Al Jazeera constate notamment une progression des livres en anglais chez les jeunes lecteurs algériens. Derrière la langue, la question de l’influence française

C’est ici que l’intervention de Michel Fayad devient véritablement politique.

Dire que « le français disparaît » ne signifie pas seulement parler de grammaire, d’école ou de vocabulaire. La langue française représente également, en Algérie, un héritage historique particulièrement complexe : celui de la colonisation, mais aussi celui d’une importante production intellectuelle, scientifique, littéraire et culturelle algérienne. Comme le disait Kateb Yacine c’est « un butin de guerre » 

Le recul du français peut donc être interprété comme le signe d’un repositionnement de l’Algérie par rapport à la France.

Cette lecture est renforcée par le contexte actuel des relations entre Alger et Paris. Plusieurs décisions linguistiques interviennent alors que les relations politiques entre les deux pays connaissent une période particulièrement tendue.

Mais réduire toute la politique linguistique algérienne à une simple volonté de « chasser la France » serait également trop facile. Les autorités algériennes présentent aussi la promotion de l’anglais comme une volonté d’ouverture vers une langue devenue dominante dans les sciences, les technologies et les échanges internationaux.

Le paradoxe de l’Algérie

Le paradoxe est que le français recule alors qu’il reste massivement présent.

Une tribune publiée récemment dans Le Monde par des intellectuels et citoyens algériens ou issus de la diaspora s’inquiète précisément de cette marginalisation progressive. Ses auteurs rappellent que le français demeure utilisé par des enseignants, chercheurs, médecins, ingénieurs, entrepreneurs et universitaires. 

Il existe donc deux réalités simultanées.

D’un côté, le français perd progressivement des positions officielles : école primaire, université scientifique, administration, signalétique, documents institutionnels et certains services publics.

De l’autre, il demeure une langue de travail, de culture et de communication pour une partie importante de la population.

C’est pourquoi le terme « disparition » est excessif.

Il serait plus juste de parler de déclassement institutionnel et de recomposition sociolinguistique.

Une phrase efficace à la télévision, mais trop absolue

La formule de Michel Fayad est particulièrement efficace médiatiquement parce qu’elle transforme une évolution complexe en une phrase simple : « Le français disparaît de partout en Algérie ».

Mais l’analyse des faits oblige à la nuancer.

Oui, le français recule.

Oui, l’anglais progresse rapidement.

Oui, l’État algérien réduit progressivement la place du français dans certaines institutions.

Mais non, le français n’a pas disparu de la société algérienne.

Il reste parlé, compris, enseigné et utilisé dans de nombreux domaines. L’Algérie demeure même l’un des principaux espaces francophones du monde.

Le véritable phénomène historique auquel nous assistons est donc probablement différent : l’Algérie ne passe pas simplement du français à l’arabe ; elle entre dans une nouvelle phase de plurilinguisme, dans laquelle l’anglais devient progressivement le principal concurrent du français.

Et c’est précisément cette transformation, plus que la « disparition » du français, qui mérite d’être observée.

Car derrière la bataille des langues se joue une question beaucoup plus profonde : quelle place l’Algérie veut-elle occuper dans le monde de demain, et avec quelles langues souhaite-t-elle transmettre son savoir, former ses élites et construire ses relations internationales ?

Et si Fayad regardez ce qui se passe au Liban 

Enfin, le plus paradoxale et que Michel Fayad est libanais et le Liban est le pays où recule le plus le français. 

Et le recul du français au Liban est aujourd’hui parfaitement documenté. Des travaux récents montrent que l’anglais gagne du terrain dans les écoles libanaises, y compris dans des établissements traditionnellement francophones. 

Pourquoi ne parle-t-il pas du Liban ?

Il faut distinguer ce que l’on peut démontrer de ce que l’on peut supposer sur ses motivations.

1. Parce que son propos sur CNEWS est centré sur le rapport Algérie-France

La phrase de Fayad n’est pas simplement : « le français recule dans le monde arabe ». Il affirme que, « en Algérie, le français n’est plus une langue : c’est une pièce à conviction, un vestige colonial dont on se débarrasse ». 

Il donne donc au recul du français en Algérie une interprétation historique et politique liée à la colonisation et aux relations avec la France.

Or, cette grille de lecture fonctionne beaucoup moins facilement pour le Liban.

2. Le cas libanais contredit en partie son récit

Au Liban, le français connaît lui aussi un recul face à l’anglais. Des établissements scolaires francophones constatent depuis plusieurs années que les familles demandent davantage de classes en anglais. Dans certaines écoles, le nombre d’élèves choisissant le français diminue fortement. 

L’Orient-Le Jour décrivait déjà en 2021 une tendance très nette : l’anglais était devenu la langue d’enseignement dominante dans un nombre croissant d’écoles libanaises, notamment pour les matières scientifiques. 

Le phénomène de fond est donc comparable : l’anglais progresse aux dépens du français dans une partie de la jeunesse et du système éducatif.

Mais au Liban, il est beaucoup plus difficile de présenter cette évolution comme une simple réaction à la colonisation française.

3. C’est justement là que son silence devient intéressant

L’Algérie permet de construire un récit très politique :

colonisation → langue française → arabisation → rejet du français → montée de l’anglais → éloignement de la France.

Au Liban, cette construction est beaucoup moins évidente. Le Liban n’a jamais été une colonie française au sens où l’Algérie l’a été. La présence française y a pris d’autres formes historiques, notamment à travers les institutions scolaires, culturelles et religieuses.

Le recul actuel du français au Liban est donc beaucoup plus facilement expliqué par la mondialisation, l’attractivité économique et scientifique de l’anglais, l’influence américaine et les choix des familles et des universités. Des recherches sur le statut du français au Liban soulignent précisément cette concurrence croissante de l’anglais. 

4. Il y a donc un risque de « deux poids, deux mesures »

Si le recul du français en Algérie est présenté comme un phénomène politique, identitaire et anti-français, pourquoi le même recul au Liban ne serait-il pas analysé comme un phénomène mondial de concurrence entre le français et l’anglais ?

C’est une vraie question.Car au Liban, le français n’est pas simplement en recul : il est également confronté à l’anglais dans l’école, l’université, les affaires et la culture. Le phénomène est documenté depuis longtemps. Le chiites majoritaires ne parlent pas français mais anglais, les chrétiens demeure la seule communauté qui continuent à parler français au Liban. 

Et cela permet de mettre en évidence une faiblesse de la formule de Fayad : il transforme un phénomène linguistique mondial en phénomène spécifiquement algérien. 

5. Mais il faut aussi reconnaître une différence majeure

Il serait toutefois injuste de dire que les situations algérienne et libanaise sont identiques.

En Algérie, le français porte une charge historique exceptionnelle, directement liée à 132 années de colonisation. Le débat linguistique est donc intrinsèquement lié à la question de l’identité nationale et de la décolonisation.

Au Liban, le français bénéficie d’une histoire différente et reste profondément implanté dans une partie du système éducatif et culturel.

Fayad sélectionne une partie d’un phénomène beaucoup plus large et lui donne une interprétation essentiellement géopolitique lorsqu’il parle de l’Algérie. Et son silence sur le Liban est d’autant plus intéressant qu’il connaît personnellement cette réalité et qu’il est lui-même présenté comme analyste franco-libanais. 

En résumé : le français recule en Algérie, mais il recule aussi au Liban. La différence est que Fayad présente le premier phénomène comme une rupture politique avec la France, alors que le second s’inscrit davantage dans la concurrence mondiale entre français et anglais. C’est précisément cette différence de traitement qui mérite d’être questionnée.

Amir Hani 

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