DIA | Confidentiel: André Azoulay, l’artisan de la normalisation du Maroc avec Israël
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Confidentiel: André Azoulay, l’artisan de la normalisation du Maroc avec Israël

DIA-11 décembre 2020: Si le Maroc a rétabli officiellement ses relations avec Israël, ce n’est pas seulement grâce à l’appui du président américain Donald Trump, mais c’est surtout grâce à un homme clé dans le système politique et diplomatique marocain: André Azoulay, le super Conseiller particulier du roi Mohamed VI. C’est lui et non le MAE marocain Nasser Bourita qui était le principal négociateur marocain entre les américains et les israéliens dans ce dossier sensible.  Azoulay est un homme de l’ombre et une personnalité efficace dans l’échiquier du royaume chérifien. 

Juif Séfarade né le 17 avril 1941 à Essaouira au Maroc, André Azoulay était un journaliste, homme d’affaires, politologue et homme politique marocain, marié depuis 1966 à la femme de lettres Katia Brami, avec qui il a trois filles, dont Sabrina, productrice, et surtout Audrey, ministre française de la Culture entre 2016-2017 et actuelle directrice générale de l’UNESCO depuis le 13 octobre 2017.  

Véritable patron du Makhzen marocain, André Azoulay, était le conseiller particulier de Hassan II et plus tard celui de Mohammed VI. C’est la seule personnalité du palais proche de Hassan II que le roi Mohamed VI a sauvegardé après le décès de son père.

En 1991, Azoulay quitte la Banque de Paris et des Pays-Bas (devenue Paribas) et devient conseiller particulier du roi Hassan II puis Mohammed VI. Hassan II, l’avait choisi pour ses grandes connaissances dans les finances. Il était notamment chargé de s’occuper de la libéralisation économique du Maroc, il forme le groupe de réflexion du G14. Il est très proche des financiers Adil Douiri, Amyn Alami qui lancent la banque d’affaires CFG.

Plus tard Azoulay aura une nouvelle tâche : Établir un vaste réseau pour le dialogue entre religions. Véritable homme de réseaux, André Azoulay était également Président élu de la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures, basée à Alexandrie en Égypte. Il est aussi membre du Comité des sages pour l’Alliance des civilisations à l’ONU, Président délégué de la Fondation des trois cultures et des trois religions, basée à Séville, Espagne et administrateur du Forum Méditerranéen et du centre Shimon Peres pour la paix. Il est également un des membres fondateurs du C-100 au sein du Forum de Davos, consacré au Dialogue des Civilisations et des Religions. ». Impliqué dans les affaires marocaines depuis des années, c’est d’ailleurs lui qui participa déjà à l’organisation de la rencontre entre Hassan II et Shimon Perès à Ifrane au Maroc. 

Il est membre du conseil d’administration de l’Université Al Akhawayn (Ifrane), de l’université de la Méditerranée (Fès), du Haut Conseil de l’Alliance israélite universelle (AIU) et du Comité d’orientation politique de l’Institut de prospective du monde méditerranéen (IPEMED). Il siège également aux conseils de Yala (Young Arab Leaders for Peace in the Middle East) et de l’Institut Pierre Mendès France. Il préside cette dernière association depuis 2015.

En 2017, il reçoit le Pomegranate Lifetime Achievement Award par l’American Sephardi Federation à New York, lors d’une cérémonie où se produisent Enrico Macias dont il était un grand ami. Selon certaines sources, c’est Azoulay qui orienta Ehud Barak pour aller saluer le président Bouteflika, lors de l’enterrement de Hassan II. Une rencontre qui avait fait l’événement de l’enterrement de Hassan II et qui avait comme objectif la normalisation des relations algéro-israéliennes et le retour en Algérie d’Enrico Macias. 

La Culture, les finances et la religion sont les trois thèmes favoris de la politique Azoulay.  L’écrivain marocain Jacob Cohen qui fait partie des juifs progressistes marocains à l’image d’Abraham Serfaty et de Simon Lévy, et qui est un farouche opposant de la politique de dialogue avec Israël, décrit dans son livre « Le printemps des Sayanim », le conseiller royal et homme d’affaires André Azoulay de « Sayan » qui signifie « informateur » en hébreu, et qui décrit un juif qui habite en dehors d’Israël et qui accepte, par patriotisme, de collaborer avec le Mossad, soit pour aider les espions, soit pour participer à la guerre de désinformation. 

C’est André Azoulay, qui organisa la venue au Maroc de tous les hauts responsables israéliens à l’image de Tzippi Livni, qui avait été invitée en 2009 à Tanger au Maroc par Brahim Fassi Fihri, le fils de l’ex-ministre des affaires étrangères et nouveau conseiller royal Taïb Fassi Fihri.  C’est également Azoulay qui est derrière le fiasco du sommet économique africain à Alger, en convainquant certains hommes d’affaires africains de ne pas se rendre en Algérie et de payer un journaliste africain pour perturber le sommet. Le Conseil est d’ailleurs indésirable en Algérie et Ali Haddad avait commis la faute en lui envoyant une invitation au nom du FCE sans informer le MAE et les services concernés. 

Depuis, Azoulay n’a pas cessé de placer ses pions pour favoriser la normalisation des pays arabes avec Israël, notamment avec les Emirats Arabes Unis, qui constituent l’un des principaux financiers des projets marocains notamment dans le transport, les télécoms et la défense. 

Amir Hani