Les femmes cinéastes algériennes construisent la relève du cinéma de demain (Vidéo) - DIA
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Les femmes cinéastes algériennes construisent la relève du cinéma de demain (Vidéo)

DIA-12 décembre 2017: Au moment où le cinéma algérien subit la crise économique de plein fouet, deux films représentent l’Algérie à la 14e édition du Festival du film de Dubaï aux Emirats Arabes Unis, qui se déroule du 6 au 13 décembre. 

Le plus étonnant est que les deux films représentent les premiers long métrages de deux jeunes femmes cinéastes algériennes qui ont le même âge: Sofia Djama 35 ans qui a présenté le film « Les bienheureux » et Yasmine Chouikh 35 ans qui présente « Jusqu’à la fin des temps ». 

Les deux jeunes cinéastes assurent ainsi la relève à leurs aînées: Djamila Sahraoui et surtout Yamina Bachir Choukh, la mère de Yasmine. Cette dernière a baigné dans le monde du cinéma depuis son jeune âge puisque son père aussi Mohamed Chouikh est réalisateur.  Yasmine a commencé dès 14 ans à fréquenter les tournages et à travailler sur des scénarios.  Elle a déjà réalisé deux courts métrages avant de passer au long-métrage: El bab en 2006 et El djinn en 2010. Yasmine Chouikh, qui signe à Dubai son premier long métrage, qui retrace l’histoire d’un fossoyeur septuagénaire épris d’une femme qui, de son vivant, prépare sa propre tombe.

Contrairement à Yasmine Chouikh, Sofia Djama n’a pas eu le même parcours cinématographique. Elle a commencé dans le domaine de la publicité et le marketing avec l’opérateur Nedjma à l’époque avant de réaliser son premier court métrage : Mollement, un samedi matin, sur l’histoire d’un violeur en panne de virilité. A Dubai: elle a présenté « Les bienheureux » qui aborde le quotidien des jeunes en Algérie, après la décennie noire des années 1990, et son lot de monotonie et de frustrations.

A coté de ces deux jeunes femmes, une autre femme cinéaste algérienne, s’est illustré cette année 2017 dans le paysage cinématographique algérien: Rayhana Obermeyer 53 ans, avec son film « A mon âge, je me cache encore pour fumer ». Comme Yasmine Chouikh et Sofia Djama, c’est le premier long métrage de Rayhana, qui a adapté cette pièce de théâtre au cinéma. Soutenu par la productrice Michelle Gavras, la femme de Costa Gavras, Rayhana a porté à l’écran sa pièce de théâtre avec une pléiade de figures féminines du cinéma la palestinienne Hiam Abbass, Nadia Kaci, Biyouna, Fadila Belkebla.

Le film est adapté de la pièce de théâtre éponyme édité en 2009. La réalisatrice a eu l’idée du film au début des années 90, suite à la victoire massive du Front islamique du salut (FIS) lors des élections communales soit les premières élections dites « libres et démocratiques » dans l’histoire de l’Algérie. Dès son accès au pouvoir, le FIS instaura dans les villes sous son contrôle des règles islamistes à l’encontre des femmes, devenues alors les ennemies numéro 1 du pays, telle que la fin de la mixité dans certains lieux publics (écoles, hôpitaux, file d’attente devant les boulangeries, arrêts de bus…). 

Le film qui est interdit en Algérie mais autorisé en Tunisie a reçu plusieurs grandes distinctions , dont le dernier : le Grand prix du festival méditerranéen de Bruxelles, doublé du du Prix de la critique, organisé par l’Union de la presse cinématographique belge et l’Union de la critique cinéma. 

Comme il fallait s’attendre ces trois cinéastes possèdent trois styles différents, mais ont un point commun, la place compliquée de la femme dans la société algérienne.  Elles constituent cette fois la relève tant attendue d’Assia Djebbar, Yamina Bachir Chouikh, Djamila Sahraoui et Nadia Labidi.  Un cinéma féminin engagé, parfois mal compris et souvent marginalisé.   

Salim Bey