DIA | Italie : le parti nationaliste conservateur Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, remporte les élections
69740
post-template-default,single,single-post,postid-69740,single-format-standard,qode-listing-1.0.1,qode-news-1.0,qode-quick-links-1.0,ajax_fade,page_not_loaded,,qode_grid_1400,footer_responsive_adv,hide_top_bar_on_mobile_header,qode-content-sidebar-responsive,transparent_content,qode-theme-ver-12.0.1,qode-theme-bridge,wpb-js-composer js-comp-ver-4.12.1,vc_responsive

Italie : le parti nationaliste conservateur Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, remporte les élections

DIA-26 septembre 2022: Giorgia Meloni a remporté son pari. Crédité de plus de 26% des voix, selon des résultats partiels, et laissant ses principaux concurrents loin derrière, son parti national-conservateur, Fratelli d’Italia, remporte haut la main les législatives. À la tête d’une coalition de droite formée avec la Ligue de Matteo Salvini et le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi, il semble assuré de dominer le prochain Parlement. Quant à sa cheffe de file, la voici, à 45 ans, en position de devenir la première femme présidente du Conseil. Sa victoire, aussitôt saluée par différents partis populistes et d’extrême droite en Europe, constitue sans doute un tournant historique. Après la récente percée électorale des Démocrates de Suède, c’est en effet la première fois depuis le début de la construction européenne qu’une formation de la droite radicale, issue en l’espèce de la galaxie postfasciste, s’apprête à accéder au pouvoir dans l’un de ses six pays fondateurs.

«Pour beaucoup d’entre nous c’est une nuit de fierté, de rédemption, de larmes, de rêves et de souvenirs», a déclaré Giorgia Meloni, vers 2h30, devant la presse et son état-major qui s’étaient rassemblés dans un hôtel du centre de Rome. Les résultats étant sans ambiguïté, elle a promis de gouverner «pour tous les Italiens» malgré la tonalité d’une campagne jugée «violente et agressive»«[Ils] ont envoyé un message clair en faveur d’un gouvernement de droite dirigé par Fratelli d’Italia», a-t-elle déclaré. Sur Facebook, elle a promis : «Nous ne trahirons pas votre confiance. Nous sommes prêts à relever l’Italie».

Le Parti démocrate (centre gauche) d’Enrico Letta, arrivé en deuxième position mais relégué sous la barre des 20%, a concédé sa défaite. Sa vice-présidente Debora Seracchiani évoque «une soirée triste pour l’Italie». Les autres partis arrivent loin derrière, et les partenaires de Fratelli d’Italia obtiennent des résultats qui les ont sans doute déçus. La Ligue de Matteo Salvini, qui avait remporté 17% des voix lors des législatives de 2018 et 34% l’année suivante aux Européennes, s’effondre avec cette fois seulement 9% des suffrages. Le parti de Silvio Berlusconi fait à peine moins bien (8%). Tous deux paient sans doute leur participation à l’exécutif dirigé par Mario Draghi. Seul le Mouvement cinq étoiles de Giuseppe Conte parvient à cet égard à limiter la casse, en obtenant 15% des suffrages – soit deux fois moins, tout de même, qu’en 2018.

Sauf surprise, le président de la République, Sergio Matarella, devrait proposer à Giorgia Meloni dans les prochaines semaines de former un gouvernement. Des négociations formelles pour l’attribution des principaux ministères débuteront alors entre les quatre partis qui composent la coalition de droite (Fratelli d’Italia, la Ligue, Forza Italia et Noi Moderati). Les observateurs italiens estiment que le nouvel exécutif pourrait prendre ses fonctions d’ici la fin octobre.

Giorgia Meloni, qui a débuté son ascension politique au sein du Mouvement social italien, un parti fondé en 1946 sur les décombres du fascisme afin d’en entretenir la flamme, s’est efforcée tout au long de la campagne d’offrir un visage rassurant. Jurant que les nostalgiques de Benito Mussolini n’ont pas leur place à ses côtés, elle a condamné les heures les plus sombres de son régime. Le fait que son parti soit principalement dirigé par des vétérans de cette mouvance sème le doute. Pourtant, ces origines sulfureuses ne semblent pas lui avoir porté préjudice. «Les Italiens, convaincus que cette période appartient au passé, se moquent bien de savoir si elle est fasciste ou non, relevait à la veille du scrutin l’historien français Marc Lazar, qui préside la School of Government de l’université Luiss à Rome. Son adversaire du Parti démocrate, Enrico Letta, a d’ailleurs bien compris qu’il était inutile de l’attaquer sur ce terrain.»

AFP

0Shares