Présidentielle 2019 : Trois postulants annoncés et des candidatures en attente - DIA
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Présidentielle 2019 : Trois postulants annoncés et des candidatures en attente

DIA-12 août 2018: Au moment où la majorité des partis proches du pouvoir : FLN, RND, TAJ, ANR, Karama ont officiellement appelé le président Bouteflika pour se représenter à un cinquième mandat, trois candidats sans expérience politique, sans base populaire ou parti structuré se sont officiellement portés candidats à la prochaine échéance électorale.

Gheras du cinéma à la présidentielle

La première candidature déclarée à la présidentielle de 2019 a été faite le 28 avril 2018 par le mouvement démocratique et social (MDS), parti prônant le socialisme libéral, héritier du mouvement communiste algérien, a annoncé sa première participation à l’élection présidentielle prévue au printemps 2019, en désignant son porte-parole, Fethi Gheras, un universitaire âgé de 45 ans, comme candidat du parti à cette échéance électorale importante pour le pays. Quelques semaines plus tard une seconde candidature est annoncée. Ce dernier s’est illustré en jouant dans le dernier film de Merzak Allouache enquête au paradis et quelques apparitions dans des films, produits par Yacine Teguia, secrétaire général du MDS. Seulement voilà la présidentielle ce n’est pas du cinéma c’est du sérieux.

Nacer Boudiaf, l’Algérie avant tout

Cette fois-ci ce n’est pas un représentant d’un parti, mais un candidat libre.  Le fils du défunt président algérien Mohamed Boudiaf, Nacer Boudiaf qui annonce, lors du 25e anniversaire après l’assassinat de son père sa candidature à l’élection présidentielle de 2019.  La déclaration officielle a été faite à partir de sa région d’origine, Msila.

Le député spécifique rêve de présidence magnifique

Le troisième candidat à la course à la magistrature suprême s’est présenté hier, selon certains médias. Il s’agit de l’ex-député Tahar Missoum, plus connu sous le sobriquet «Spécifique», qui a annoncé sa candidature pour la présidentielle d’avril 2019. L’ex-député du parti Rassemblement algérien, dont le dossier de candidature pour les législatives de mai 2017 a été rejeté, veut rebondir politiquement en se lançant dans la course à la Présidence.

Des candidats sans poids réel

Quel poids possèdent ces trois candidats ? Logiquement aucun si ce n’est de se faire remarquer médiatiquement ou sur les réseaux sociaux par des actions originales. Car contrairement aux législatives, l’élection présidentielle est une machine beaucoup plus lourde et beaucoup plus contraignante pour un politique. Alors sans parti et sans appareil politique ou base populaire c’est quasiment un pari perdu. Mis à part Tahar Missoum, qui a déjà été élu comme député lors de la législature de 2012, aucun des deux autres candidats n’a gagné une élection, ni communale, ni législative et encore moins présidentielle. Leur mission se présente déjà très mal pour ne pas dire difficile. Si le candidat Gheras est déjà protégé par un parti, ce dernier n’a jamais gagné une élection et ne connait pas son capital populaire. Son parti ne possède pas d’élu à l’APN. Il faut dire que le PAGS et ensuite le MDS a raté toutes ses élections même s’il possédait un excellent chef de parti : Hachemi Chérif. Son parcours ressemble étrangement à celui du Parti Communiste français, le PCF, qui avait un excellent leader, Georges Marchais mais qui n’a jamais gagné une élection ou s’est positionné dans le paysage politique français. Politiquement le candidat du MDS n’a aucune chance de passer le cap difficile de la sélection des candidats s’il ne fait pas d’alliance avec d’autres partis proches de sa mouvance, comme le FFS ou le RCD. Hors ces partis toujours ambitieux préféreraient présenter leurs propres candidats que de soutenir un jeune candidat sans expérience politique.  

Fethi Gheras qui commence à faire ses armes dans la politique en marquant ses passages grâce aux nouveaux paysages audiovisuels, sur les chaînes Echourouk Tv, El Djazairia Tv ou encore Dzair Tv, a fortement besoin des signatures de 600 élus ou de 60 000 citoyens dans au moins 25 wilayas différentes avec un minimum de 1500 signatures par wilaya. Ce qui bureaucratiquement n’est pas une simple affaire.

Pour Nacer Boudiaf, qui ne possède ni parti ni organisation, espère convaincre avec la légitimité populaire de son père.  Le fils de Boudiaf avait déclaré lors de l’annonce de sa candidature « Si je suis élu, je ne ferais qu’un seul mandat, pour honorer mon père et son programme ». Seulement le fils de l’ex président assassiné sait qu’il doit s’organiser pour réussir. Pour cela, il compte investir avec son argent propre pour financer sa campagne pour la récolte des signatures, le premier obstacle sérieux de tous les candidats. 

Enfin pour ce qui est du dernier candidat annoncé, l’ex député Tahar Missoum, qui a été empêché de se porter candidat aux législatives, il est fort probable de voir aussi sa candidature pour la course à la magistrature  suprême rejetée.

Sept candidats crédibles en attente

Pour de nombreux observateurs et analystes politiques, la candidature de ces trois personnalités n’est pas une priorité. La plus attendue et la plus sûre c’est la candidature officielle du président Bouteflika pour un cinquième mandat. C’est sans doute cette candidature tant attendue qui a freiné les autres candidatures politiques d’entrer officiellement dans la course. On attend notamment celle de Makri pour le MSP, de Djaballah pour le mouvement El Adala, de Louisa Hannoune pour le PT, de Belaid Abdelaziz pour le front El mostakbal, de Fewzi Rebaine pour AHD54 et d’Ali Benflis pour son parti Talaiou El Houriyet. Même si ces  candidats n’ont aucune chance face à une cinquième candidature de Bouteflika, qui a déjà largement gagné quatre élections leur participation améliorerait leur position dans le paysage politique national.  Il ne reste que huit mois pour la présidentielle de 2019, le mois de septembre s’annonce donc décisif pour avoir une meilleure visibilité sur cette échéance électorale, qui se présente comme importante pour l’avenir du pays.  

Salim Bey