DIA | Création d’une “inspection générale” à la Présidence pour contrôler les hauts responsables
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Création d’une “inspection générale” à la Présidence pour contrôler les hauts responsables

DIA-27 novembre 2021: Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a décidé de sévir et de contrôler les responsables à tous les niveaux avec la création d’une “inspection générale” qui sera mise sous tutelle de la Présidence de la République.

“Notre objectif, c’est de parvenir à la création d’une inspection générale rattachée à la Présidence de la République et dont le rôle consiste à contrôler le travail et les activités des responsables”, a affirmé le Président Tebboune, lors d’une rencontre périodique avec des représentants de la presse nationale, précisant que cette inspection sera appelée à effectuer des visites inopinées.

A une question sur l’existence de cette inspection au niveau du Premier ministère en 2017, le Président Tebboune a fait savoir que c’est à cause de cette inspection qu’il a été mis fin à ses fonctions de Premier ministre car elle était “rejetée à l’époque”.

Il a indique que cette inspection sera relancée au niveau de la Présidence de la République, alors qu’elle existait déjà au niveau du Premier ministère. Selon le Président Tebboune, l’organisation de cette inspection “n’est pas facile”, ce qui nécessitera la promulgation de textes de loi.

“Si demain, des inspecteurs de cette structure se déplaceront dans une wilaya, ils auront à rencontrer et discuter avec les citoyens pour s’enquérir de ce qui a été entrepris et réalisé afin d’assurer le suivi de l’application des décisions”, a-t-il dit.

Le Président a ainsi relevé que “des citoyens se sont plaints de la non application des décisions prises par le gouvernement qui applique le programme du président de la République”, citant entre autres la prime du Covid-19 destinée aux personnels exerçant dans le secteur médical, allant de l’ambulancier au médecin en passant par l’infirmier, qui n’a pas été perçue dans certains établissements”.

“C’est à cause de cela que j’ai mis fin aux fonctions de plusieurs walis et ministres. Celui qui n’applique pas les décisions du gouvernement doit partir”, a-t-il affirmé.

A une question de savoir si le dernier remaniement ministériel répondait à cette logique, le Président Tebboune a répondu par l’affirmative: “oui, c’est 100% cela”, soulignant que chaque remaniement ministériel est effectué sur la base des résultats réalisés sur le terrain.

Il a indiqué qu’à l’issue des réunions de Conseil des ministres, des décisions sont prises dans le souci d’améliorer la situation sociale des citoyens, mais ces derniers sont déçus quand ils se rendent compte de la non application de ces décisions.

A cet effet, il a cité l’exemple de la création d’une école supérieure pour sourds-muets, dont la décision a été prise il y a plus de cinq ou six mois, mais, a-t-il déploré, “à ce jour rien n’a été entrepris dans ce sens.”

“J’en ai fait la remarque au ministre concerné”, a-t-il indiqué, relevant qu’il y a “beaucoup d’exemples similaires”.

Levée des subventions sociales: seules les personnes “aux revenus élevés” concernées

Le Président a affirmé que la révision de l’aide sociale passera par un débat national élargi, assurant que la levée des subventions sociales concernera seulement un tiers des citoyens parmi ceux ayant des “revenus très élevés”.

Et d’ajouter : “les mécanismes de cette révision ne sont pas encore arrêtés, ni encore ses modalités, ses objectifs et les concernés”.

 “La levée des subventions sociales concernera seulement un tiers des citoyens parmi ceux ayant des revenus très élevés”, a souligné le Président Tebboune, faisant remarquer que cette réforme nécessite un certain niveau de numérisation et des statistiques précises sur les revenus en vue de classer les catégories pauvres, moyennes et riches, or ces statistiques actuellement ne sont pas “minutieuses” à ce sujet.

Les syndicats seront associés à ce débat national sur la révision de l’aide sociale consacrée par la loi de finances 2022, a fait savoir le président Tebboune.

“L’édification d’un Etat social démocratique répond à un devoir de fidélité au serment des vaillants chouhadas et à la Proclamation du 1er Novembre 1954”, a-t-il ajouté.

Révision des codes communal et de wilaya: ouverture des ateliers début 2022

Le président de la République a annoncé l’ouverture début 2022 des ateliers pour la révision des codes communal et de la wilaya afin de conférer davantage de prérogatives aux élus locaux et les doter d’outils leur permettant d’honorer leurs engagements devant les citoyens qui les ont choisis pour la gestion de leurs affaires.

Il s’agit par cette démarche d'”opérer un changement radical dans la gestion des communes, +principale cellule+ de la nouvelle République”.

L’objectif de la révision de ces textes est de conférer davantage de prérogatives aux élus locaux et les doter de mécanismes financiers leur permettant d’honorer les engagements pris devant les citoyens, a expliqué le Président Tebboune.

Le président de la République a jugé, à cet égard, inconcevable d’avoir un “seul code” régissant des communes avec des ressources financières disparates, rappelant, dans ce sens, que sur les 1541 communes que compte le pays, 900 sont des communes pauvres qui dépendent des aides de l’Etat. La plupart des projets qui y sont réalisés sont financés par le Trésor, ce qui requiert aussi, a-t-il dit, une révision du système fiscal.

Les agissements du passé ont lourdement pesé sur les communes pauvres, a relevé le Président Tebboune, affirmant qu’il incombe à l’Etat de veiller à atténuer la charge sur ces collectivités.

Les élections locales, une opportunité pour amorcer le changement

Dans le même sillage, il a affirmé que les élections locales de ce samedi constituaient une opportunité pour le peuple algérien d’amorcer le changement, mettant en avant le rôle de la jeunesse et de la société dans la réalisation de cet objectif.

“Je souhaite que les citoyens participent avec force à ces élections”, a indiqué le Président, précisant que “les élections législatives pourraient ne pas intéresser beaucoup de citoyens et connaitre un faible taux de participation, partout dans le monde, mais les élections locales s’articulent autour de ceux qui seront en charge de la gestion des affaires courantes du citoyen”.

“Si le peuple veut le changement, il est grand temps qu’il l’opère lui-même à l’occasion de cette échéance”, a poursuivi le chef de l’Etat ajoutant que “la méthode adoptée pour amorcer le changement souhaité est sous-tendue par les critères de probité à rechercher dans les candidats, loin de l’argent sale, pour avoir des candidats jeunes porteurs de nouvelles idées visant la redynamisation des communes et la réalisation de réformes qui cristalliseraient les décisions prises à l’échelle nationale, pour peu qu’elles soient mises en oeuvre localement et impactent le quotidien des citoyens”, a-t-il expliqué.

“Le changement auquel nous aspirons se fera en tenant compte de trois critères: la jeunesse, la société civile et à la probité”, a-t-il ajouté.

Révision de l’accord d’association Algérie-UE, une occasion pour développer l’économie du pays

Au plan économique, il a indiqué que la révision de l’accord d’association avec l’Union européenne (UE) permettrait à l’Algérie de bénéficier des exonérations douanières qu’il prévoit, de façon à conforter son économie et renforcer sa production et ses exportations.

“Je pense que l’accord d’association avec l’UE est le résultat d’une faiblesse de l’Etat algérien. L’UE est inévitable et l’accord d’association avec cette communauté est nécessaire pour de nombreuses raisons. Néanmoins, tout accord économique doit être mutuellement bénéfique”, a déclaré le Président Tebboune.

“A titre d’exemple, l’augmentation des taxes douanières imposées sur certains produits profite au pays producteur afin de pouvoir exporter, mais un pays principalement importateur doit revoir ces dispositions en vue de conforter son économie et lancer la production”, a-t-il expliqué.

Lors de la réunion du Conseil des ministres, tenue le 31 octobre dernier, M. Tebboune avait donné des instructions à l’effet de revoir les dispositions de l’accord d’association avec l’Union européenne (UE),  “clause par clause”, en fonction d’une vision souveraine et d’une approche “gagnant-gagnant”, en tenant compte de l’intérêt du produit national en vue de créer un tissu industriel et des emplois.

Amir Hani

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